« L’ACCORD CEREALIER » : LES SOMMETS DU CYNISME

Oleg Nesterenko est Président du CCIE (www.c-cie.eu). Il est Spécialiste de la Russie, de la CEI et de l’Afrique subsaharienne ; ancien directeur de l’MBA, ancien professeur auprès des masters des Grandes Ecoles de Commerce de Paris.

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Partie 1/4

Si dans l’antiquité le terme « cynisme » était directement associé à l’école philosophique grecque d’Antisthène qui prônait des valeurs telles que l’humilité, la vertu et la sagesse – soit parfaitement saines – notre époque n’a rien retenu du passé et a transformé ce noble terme qu’en mépris profond et qu’en absence de morale.

Le mépris et l’immoralité, jumelés à une profonde hypocrisie, devenus des normes dans le monde politique actuel – on les retrouve pleinement aujourd’hui dans le cadre de l’une des plus importantes machinations de la dernière décennie organisée par les décideurs du monde Occidental : « l’Initiative pour le transport sécuritaire des céréales et des aliments à partir des ports ukrainiens », plus communément connue comme « l’Initiative céréalière de la mer Noire » ou « l’Accord céréalier ».

Afin de comprendre la réalité et d’avoir une vision claire de « l’Accord céréalier » en question, voyons les éléments, d’une part, visibles et largement diffusés auprès de l’opinion publique mondiale et, d’autre part, ceux soigneusement dissimulés, car en totale opposition avec la partie visible de l’iceberg : le rôle réel des céréales ukrainiennes et russes sur la scène internationale; les véritables répercutions préméditées des sanctions occidentales antirusses vis-à-vis du marché mondial des céréales, légumineuses et engrais agricoles ; les réels rapports ukraino-occidentaux dans le cadre de « l’Accord céréalier » et le rôle-clé sous-jacent des grands groupes occidentaux.

Le rappel des faits

Dès le déclenchement de « l’opération militaire spéciale » russe en Ukraine (terme emprunté par les Russes aux Américains qui l’utilisent depuis des décennies), le 24 février 2022, les côtes ukrainiennes de la mer Noire sont devenues la zone des hostilités, empêchant ainsi le bon déroulement des exportations par voie maritime des denrées alimentaires ukrainiennes. Craignant le débarquement des Russes, l’Ukraine a miné ses eaux côtières, rendant ainsi la circulation maritime impossible.

Le monde occidental américano-centrique s’est immédiatement « révolté », accusant la Fédération de Russie de vouloir provoquer la famine à l’échelle mondiale, en prenant en otage les pays les plus pauvres, vu que l’Ukraine est considérée comme l’un des principaux exportateurs de céréales au monde. Charles Michel, le président du Conseil européen, a parfaitement résumé la position occidentale dans sa déclaration datant de début juin 2022 : « La Russie est la seule responsable de cette crise alimentaire !».

En ne négligeant pas le rôle de l’Ukraine vis-à-vis du marché céréalier mondial, dont le pays a, notamment, été le principal fournisseur de blé au Liban, à hauteur de 80%, et afin d’assurer la continuation des exportations des denrées alimentaires ukrainiennes, le 22 juillet 2022, la Russie a pris des engagements vis-à-vis de l’ouverture et de la sécurisation d’un couloir maritime dans la mer Noire, ouvert pour l’Ukraine sous le contrôle conjoint de la Turquie et de l’ONU qui devaient assurer sa non utilisation par l’Ukraine à des fins militaires.

Un an après, le 18 juillet 2023, la Russie a stoppé sa participation dans « l’Initiative céréalière de la mer Noire » d’une manière unilatérale et les exportations céréalières ukrainiennes via la mer Noire ont pris fin.

L’indignation du monde Occidental

Le jour même, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne a condamné la décision de Moscou : « Je condamne fermement la décision cynique de la Russie de mettre fin à l’initiative céréalière de la mer Noire, malgré les efforts des Nations unies et de la Turquie. L’UE s’efforce de garantir la sécurité alimentaire des populations vulnérables de la planète ».

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield s’indigne : « La Russie joue à des jeux politiques […] et prend l’humanité en otage » et condamne « acte de cruauté». De son côté, Jake Sullivan, conseiller du président Joe Biden, déclare : « La Russie a tourné le dos à la fourniture aux pays du Sud, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie la nourriture indispensable à des prix abordables ». Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken qualifie d’immoral le retrait de la Russie de l’initiative de la mer Noire. À son avis, tous les pays du monde devraient voir que la Russie est « responsable du refus de nourriture aux personnes qui en ont désespérément besoin dans le monde entier ».

Le porte-parole de Rishi Sunak, premier ministre britannique, annonce : « si la Russie ne renouvelle pas l’accord, elle privera des millions de personnes d’un accès vital aux céréales ». Hanke Bruins Slot, Ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, condamne à son tour : « Utiliser la nourriture comme arme (contre les pays pauvres) » est « immoral ». La porte-parole adjointe du gouvernement allemand, Christiane Hoffmann a appelé Moscou à « ne pas faire supporter les conséquences de ce conflit par les plus pauvres de la planète».

Le président français, Emmanuel Macron, déclare que Poutine a commis « une énorme erreur » et que « nous voyons très clairement que la Russie a décidé (…) d’affamer des pays déjà en difficulté (…) la Russie doit cesser son chantage sur la sécurité alimentaire mondiale ».

Le portugais Antonio Guterres, Patron actuel de l’ONU, annonce de son côté : « Des centaines de millions de personnes font face à la faim. Ils vont en payer le prix ».

Guère besoin de rajouter d’autres citations pleines de nobles motivations et d’indignations venues du fond des âmes révoltées des responsables politiques occidentaux : la liste est très longue et parfaitement unanime dans sa condamnation de « la barbarie de la Russie qui a décidé d’affamer la planète ».

Après avoir contemplé en détail les déclarations de ceux qui se déclarent faire partie du « camp du bien face au mal », voyons en détail la réalité. La réalité qui est à l’opposé des déclarations et qui démontre sans équivoque que l’intégralité des indignations évoquées n’est qu’une forme de dégénérescence morale et de cynisme jumelés à une profonde hypocrisie.

Les termes de « l’Accord céréalier »

En parlant de « l’Accord céréalier », de quoi s’agit-il exactement ? Cet accord était le produit d’une négociation quadripartite sur les exportations de céréales et autres produits agricoles ukrainiens depuis les trois ports de la mer Noire : d’Odessa, de Tchernomorsk et de Ioujniy. Négociation, suivie d’une signature du document en deux volets, le 22 juillet 2022, d’une part, par la Russie, la Turquie et les représentants de l’ONU et, d’autre part, par l’Ukraine, la Turquie et l’ONU.

Comme mentionné auparavant, la Russie s’est engagée à ouvrir un couloir maritime sécurisé permettant le passage des navires marchands entre lesdits ports ukrainiens et le détroit du Bosphore en Turquie. De l’autre côté, les représentants de l’ONU, de la Turquie et de la Russie s’engagent à inspecter les navires transportant des céréales et à garantir qu’ils ne transportent pas de munitions ni d’armes à destination de l’Ukraine.

Cela étant, les éléments énumérés ne sont que la première partie de l’accord signé. Il existe également, en contrepartie, le deuxième volet de l’accord : « le Protocole d’accord entre la Fédération de Russie et le Secrétariat de l’ONU sur la promotion des produits alimentaires et des engrais russes sur les marchés mondiaux » – un mémorandum signé pour une durée de 3 ans entre la Russie et l’ONU qui prévoit l’engagement de l’ONU dans le processus de suppression des entraves mises en place par l’Occident collectif vis-à-vis des exportations de produits alimentaires, dont les céréales, et les engrais russes.

Cette seconde partie de l’accord concerne donc les intérêts russes et est constituée de 5 exigences de Moscou qui ont reçu une approbation tacite de principe des parties directement concernées, mais non-signataires durant la négociation qui a eu lieu.

Quelles sont ces exigences ?

1. La reconnexion de la banque russe Rosselkhozbank au SWIFT.

2. Le déblocage des avoirs et des comptes tenus à l’étranger des entreprises russes liées à la production et au transport de produits alimentaires et d’engrais.

3. La suppression des restrictions vis-à-vis de l’exportation vers la Russie des machines agricoles et pièces détachées.

4. La restauration et la remise en service du pipeline d’ammoniac Togliatti-Odessa.

5. La levée des restrictions sur l’assurance et la réassurance des navires marchands russes, ainsi que la levée de l’interdiction de leur accès aux ports maritimes.

La condition sine qua non de la poursuite de la réalisation de l’accord par le signataire russe était l’exécution de l’intégralité de ces points : non seulement ceux de la première partie qui est en faveur de l’Ukraine, lui apportant des revenus directement investis dans la guerre contre la Russie, mais également de la seconde partie qui est au bénéfice de Moscou.

La signification des exigences russes

Voyons les détails des cinq exigences russes et, surtout, leur réelle signification.

1. La reconnexion de la banque russe Rosselkhozbank au SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) signifierait la levée, au moins partielle, des sanctions contre la banque russe Rosselkhozbank – la banque clé dans le cadre des transactions financières au niveau des exportations russes du secteur agroalimentaire.

En privant l’intégralité des banques russes de l’accès au SWIFT, c’est bien d’une manière délibérée que l’Occident collectif a mis en place, de ce fait, des restrictions qui privaient automatiquement une partie du monde des céréales et engrais agricoles de la production russe et dont plusieurs dizaines de millions de personnes sur la planète en dépendent directement. Les transactions interbancaires rendues impossibles – ce sont les paiements aux russes et donc les achats par les intéressés qui sont devenus impossible.

2. Le blocage des avoirs et des comptes tenus à l’étranger des entreprises russes liées à la production et au transport des produits alimentaires et des engrais agricoles était une mesure non seulement pour empêcher les transactions d’achat et vente de céréales et de fertilisants russes, ainsi que leur transport vers les pays-acheteurs, mais également pour mettre une grave entrave au développement futur du secteur agraire et à la production des engrais en Russie : les fonds importants confiés par les entreprises russes des secteurs concernés à des banques occidentales ont été spoliés.

En cas de réussite de cette initiative, le résultat direct espéré par le camp « atlantiste » devait être néfaste pour le secteur agraire et l’industrie des engrais russes, soit une importante récession des secteurs en question et une réduction considérable de la production et donc des exportations à l’avenir. Le fait que les pays-acheteurs traditionnels qui en dépendent directement serait mis dans une grave pénurie non pas ponctuelle pour les années de guerre, mais à très long terme, n’a pas été considéré par les décideurs occidentaux digne d’attention.

3. Pendant les trois dernières décennies la Fédération de Russie était un grand acheteur de machines et d’équipements agricoles de fabrication occidentale. Ainsi, une réelle dépendance vis-à-vis des pièces détachées nécessaires au bon fonctionnement des appareils occidentaux acquis a été instaurée.

L’objectif direct du blocage des ventes des pièces de rechange est la mise maximale hors état de service des machines et du matériel agricole vendus aux russes et, ainsi, la diminution maximale des récoltes russes avec les conséquences ultimes néfastes déjà mentionnées.

Il s’est avéré factuel pour les acteurs économiques du monde non-occidental : il est devenu dangereux de travailler avec les entreprises occidentales au risque de connaitre de graves problèmes vis-à-vis des chantages économiques et commerciaux orchestrés en permanence par des élites « atlantistes » qui détruisent, par la même occasion, la réputation des acteurs économiques occidentaux qui ont, par le passé, été considérés comme fiables. La Fédération de Russie, comme le reste du monde, tire les conclusions et prend ses dispositions pour l’avenir. Depuis plus d’un an les Russes ont enclenché le processus de substitution du matériel « toxique » (de même que pour d’autres secteurs, dont aéronautique). Néanmoins, étant pris au piège, il s’est avéré nécessaire de forcer l’adversaire à faire des concessions pour minimiser les retombées négatives sur le secteur agricole. La suppression des restrictions vis-à-vis de l’exportation vers la Russie des machines agricoles et, surtout, des pièces détachées était donc incluse dans les exigences russes dans le cadre de « l’Accord céréalier ».

4. En ce qui concerne le pipeline d’ammoniac Togliatti-Odessa (Russie-Ukraine). Dès le début de l’opération militaire russe, le transit d‘ammoniac via ce pipeline stratégique d’une longueur totale de 2417km, construit de 1975 à 1981 – le plus long pipeline d’ammoniac au monde – a été stoppé par l’initiative ukrainienne.

Le 16 septembre 2022, le président ukrainien Vladimir Zelensky a posé ses conditions de rétablissement de l’acheminement d’ammoniac russe : un échange de prisonniers selon la formule « tous contre tous ». Malgré le plus important échange de prisonniers de guerre dans le conflit en cours qui a suivi, le 22 septembre 2022 (Kiev a reçu 215 de ses combattants, dont les membres des bataillons ultranationalistes et néonazis) – la reprise du transport d’ammoniac via le pipeline n’a jamais eu lieu. La déclaration du président Zelensky précédant l’échange de prisonniers était, tout simplement, mensongère.

Huit mois plus tard, le 5 juin 2023, les forces armées ukrainiennes ont fait exploser plusieurs sections du pipeline se situant dans la région de Kharkov. Selon les spécialistes, les réparations des dégâts causés à l’infrastructure prendront de 30 à 90 jours, sous condition de la sécurisation de la zone des travaux. Ainsi, Kiev a pris ses dispositions pour la non remise en service immédiat en cas d’une obligation de l’engagement politique future dans ce sens.

Quelle est l’importance de ce pipeline ? L’importance de cette infrastructure est d’ordre stratégique pour le marché international des fertilisants et ne peut être sous-estimée en tant qu’outil de la lutte contre la faim à l’échelle mondiale. Avec sa capacité de transport allant jusqu’à 2,52 millions de tonnes d’ammoniac par an, les engrais agricoles produits avec sont en mesure de faire pousser des cultures en quantité suffisante pour nourrir près de 45 millions de personnes par an, sans le recours à des importations alimentaires.

Si avant l’explosion du pipeline, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a fait des déclarations sur l’importance de sa préservation et de la continuation de son fonctionnement – depuis son sabotage l’ONU reste silencieuse au sujet de sa restauration. Ce silence pourrait paraître étonnant, mais il ne l’est pas : tout au long des dernières années il a été démontré à maintes reprises que les fonctions-clés dans l’administration de l’Organisation des Nations Unies sont occupées par des personnes soumises à la volonté du camp Occidental américano-centrique, dont Antonio Guterres lui-même fait partie.

5. La dernière exigence russe est la levée des restrictions sur l’assurance et la réassurance des navires marchands russes, ainsi que la levée de l’interdiction de leur accès aux ports maritimes soumis aux sanctions.

Il faut rappeler que ce n’est pas une simple possession de navires marchands qui permet de réaliser le transport maritime de marchandises (cargos), mais toute une série d’éléments-clés interdépendants, dont l’assurance maritime. Et, d’une manière traditionnelle, ce sont les entreprises occidentales qui dominent ce marché (dont le montant global du marché mondial a atteint 35,8 milliards USD en termes de primes d’assurances en 2022). De même que pour les banques russes qui ont été privées de l’accès au SWIFT, les navires marchands sous pavillon russe ont vu s’interdire les assurances, dont ils bénéficiaient auparavant, ce qui est une grave entrave directe à l’exportation des céréales et engrais agricoles russes.

Malheureusement pour l’initiative morbide des décideurs de l’Occident americano-centrique, la Russie contourne très efficacement les sanctions illégales selon le droit international, en utilisant ce que les occidentaux appellent la flotte « grey » et « dark » (création d’entreprises internationales du secteur maritime hors Russie, principalement au Panama, Libéria et Iles Marshall ; l’acquisition de navires sous anonymat, …).

En ce qui concerne la levée de l’interdiction de l’accès des navires russe aux ports maritimes occidentaux, ce n’est pas vraiment le rétablissement du commerce russo-occidental que vise la Russie dans ses exigences, mais le déblocage et le départ des navires russes illégalement immobilisés depuis plus d’un an dans les ports occidentaux.

Partie 2/4

L’arrêt de l’accord

Dès le jour de sa signature, le 22 juillet 2022, au jour de son arrêt à la suite de la non-reconduction, le 18 juillet 2023, « l’Accord céréalier » a été exécuté par la Fédération de Russie à la hauteur de 100% de ses engagements.

Du côté du camp occidental, strictement aucun des 5 points de la seconde partie de l’accord n’a été respecté. Le refus, du premier au dernier jour du fonctionnement de l’accord, à exécuter sa « part du marché » pour laquelle il a donné, néanmoins, son consentement de principe au moment de la négociation qui a précédé la signature du 22 juillet 2022 – sans quoi cet accord n’aurait jamais eu lieu – ce refus ne peut être considéré comme un hasard ou une force majeure, mais bien comme une action calculée et préméditée : le temps à disposition des occidentaux était suffisant pour exécuter ne serait-ce que partiellement les termes de l’accord, au moins pour donner une apparence de bonne volonté.

De même que pour l’engagement vis-à-vis du non-élargissement de l’OTAN vers les frontières russes, le modus operandi de ses membres est toujours identique : « nous n’avons rien signé et ratifié, alors, nous n’avons rien à exécuter ». Les fondements même de la jurisprudence qui stipulent qu’un accord tacite, non écrit, a autant de valeur en soi qu’un contrat écrit et que les contrats sont rédigés uniquement en vue des éventuels litiges à traiter auprès des juges – ces fondements sont totalement méprisés.

Initialement, la durée de l’accord a été fixée à 120 jours avec la possibilité de prolongation. A l’expiration de la validité du premier trimestre de l’accord et malgré l’absence totale du moindre résultat positif de la supposée action de la direction de l’ONU auprès des « atlantistes » au niveau des restrictions mentionnées dans le cadre de ce dernier, Moscou a fait un geste de bonne volonté et a validé son renouvellement en prenant en compte que l’Ukraine a fourni des garanties écrites de ne plus utiliser le couloir humanitaire et les ports ukrainiens utilisés pour l’exportation de céréales pour mener des opérations militaires contre la Russie – ce qui était le cas durant les premiers mois de la réalisation de l’accord.

Les renouvellements ont eu lieu quatre fois d’affilée durant 2022-23, bien que la participation de Moscou dans l’accord ait coûté près d’un milliard de dollars en manque à gagner aux producteurs agricoles russes : en raison de l’existence de « l’initiative céréalière de la mer Noire » les prix des céréales russes ont baissé, la différence variait entre 10 et 20 dollars par tonne de blé.

Ce n’est qu’en constatant que la partie adverse n’avait strictement aucune intention de prendre ses responsabilités et que l’accord, en soi, n’était qu’une machination mensongère de plus, afin de gagner du temps – exactement avec le même scénario qui a eu lieu en 2015 dans le cadre de « l’Accord de Minsk » qui devait instaurer une paix durable en Ukraine, mais qui n’était qu’une tromperie ukraino-occidentale – Moscou a mis fin à sa participation.

Lors de la rencontre à Sotchi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 4 septembre 2023, Vladimir Poutine a déclaré : « C’est souvent avec nos partenaires occidentaux que cela se passe ainsi, ils nous ont trompés, ils n’ont rien fait ! ». Le président russe a également souligné que l’accord céréalier « n’a nullement amélioré la situation alimentaire internationale », car ce dernier a été totalement perverti par le signataire ukrainien et son mentor occidental. Cela étant, il a reconfirmé : « Nous ne sommes pas contre cet accord, nous sommes prêts à y revenir immédiatement, dès que les promesses qui ont été faites à la Russie seront réalisées».

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré (dans une interview à Radio France Internationale (RFI) que Washington avait résolu les questions de la Russie concernant l’accord céréalier : « Concernant les indications spécifiques sur les problèmes potentiels tels que les banques, le transport maritime, etc. – nous avons tout fait pour garantir que ces problèmes soient résolus ». Ceci est une déclaration parfaitement mensongère.

Auparavant, le 4 août 2023, le directeur du Bureau de coordination des sanctions du Département d’État des États-Unis, James O’Brien, a déclaré que « Moscou a présenté un certain nombre de revendications qui sont toutes liées au fait que diverses institutions russes ne reçoivent pas de services de la part du secteur privé ». Quel est l’objectif d’une telle missive ? Il est clair : par cette déclaration il a sous attendu, qu’en fait, ce sont les problèmes entre l’état russe et les structures occidentales privées ; donc, son bureau et le camp qu’il représente n’y sont pour rien si le secteur privé prend de telles initiatives antirusses. Nul besoin de commenter une telle communication adressée à l’opinion internationale.

Aucune pirouette de la propagande ne peut cacher une réalité mathématiquement simple : dans les circonstances du monde actuel, faire stopper les exportations du blé russe mènera d’une manière directe et inévitable à des famines dans plusieurs pays du monde. Supposer que cette évidence ait totalement échappé aux auteurs desdites sanctions serait une preuve d’une grande légèreté.

Le niveau des exportations ukrainiennes de céréales durant la guerre

Afin de démontrer que la Russie exécute mal ses obligations prises dans le cadre de « l’Initiative céréalière de la mer Noire » et continue à créer des entraves à des exportations ukrainiennes, Kiev a accusé Moscou de retarder artificiellement les vérifications en Turquie des navires en transit via le couloir « céréalier ».

Toutefois, les accusations ukrainiennes se heurtent à des statistiques tout à fait étonnantes : durant l’année de guerre 2022/23 (du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023) l’Ukraine a exporté 48,99 millions de tonnes de céréales et de légumineuses, dont 16,836 millions de tonnes de blé, 2,704 millions de tonnes d’orge, 18 000 tonnes de seigle et 29,128 millions de tonnes de maïs. Soit, un volume qui est supérieur même à celui exporté avant la guerre (!).

Au cours de l’année précédente, incluant pratiquement 8 mois avant la guerre (du 1er juillet 2021 au 29 juin 2022), l’Ukraine a exporté 48,355 millions de tonnes de céréales et de légumineuses, dont 18,72 millions de tonnes de blé, 5,747 millions de tonnes d’orge, 161,5 mille tonnes de seigle et 23,409 millions de maïs. Soit, moins de 635 000 tonnes que l’année suivante.

Ces chiffres ne sont guère une spéculation ou les calculs russes, mais sont les données officielles du ministère de la Politique Agraire et de l’Alimentation de l’Ukraine.

Cela étant, selon les prévisions de l’Organisation de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) de juin 2023, la production mondiale de céréales en 2023 devrait s’établir à hauteur de 2819 millions de tonnes, dont dans les 783 millions de tonne pour le blé. En ce qui concerne la consommation de céréales, elle est prévue à hauteur de 2805 pour la même période. Soit, les 48,68 millions de tonnes de céréales exportées par l’Ukraine ne sont qu’une quantité négligeable et ne couvrent que 1,7% du besoin mondial. Le rôle de l’Ukraine présenté par le camp occidental en tant qu’épicentre de la solution contre la famine dans le monde n’est pas juste très exagéré, mais, tout simplement, mensonger.

En ce qui concerne les quantités des céréales toujours bloquées dans les ports ukrainiens à la suite des hostilités russo-ukrainiens – on parle de volumes qui sont inférieurs à 1% du chiffre d’affaires céréalier sur le marché international.

Les « détournements » des céréales ukrainiennes

Après avoir vu le détail des quantités des exportations ukrainiennes et entendu les vives déclarations de l’indignation du monde Occidental précédent l’entrée et suivant la sortie de la Russie de « l’Accord céréalier », il est tout à fait étonnant de faire un constat des faits qui sont vérifiés et confirmés : la quasi-intégralité des exportations céréalières ukrainiennes ont été totalement détournées des destinations qui ont été proclamées dans le cadre de l’accord.

Les slogans de la propagande « otanienne » sur la mise en danger du monde alimentaire par la Russie se sont avérés strictement à l’opposé de la réalité.

Quelle est cette réalité ?

Sur les 48,9 millions de tonnes de céréales et de légumineuses exportées par l’Ukraine durant l’année 2022/23, 32,9 millions de tonnes ont été transportées via le couloir maritime sécurisé par les Russes.

Selon les données officielles de l’ONU, ce ne sont guère les pays les plus pauvres qui ont été les destinataires de l’Ukraine, mais bien l’Union Européenne qui a été le principal bénéficiaire de l’initiative sur les céréales et se sont bien les pays européens qui ont absorbé 38% des exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire, sans parler des quantités acheminées, parallèlement, par voie terrestre. En tout, 81% des céréales ont « atterri » dans les pays riches et ceux aux revenus intermédiaires supérieurs.

Seulement 19% des céréales sur le total exporté ont été acheminées par les Ukrainiens vers les pays pauvres et dont uniquement -3% vers les plus démunis se situant au bord de la famine (principalement vers le Bangladesh).

Au niveau du blé, la Roumanie a racheté 15,8% (contre 0,5% en 2021/22), tandis que l’Espagne : 14% (contre 0,8% en 2021/22). La Pologne, tant mécontente des importations européennes des denrées alimentaires ukrainiennes fait, en même temps, également partie du TOP-5 de ces acheteurs directs européens (et non pas des prétendus transitaires).

Dans le TOP-20 des consommateurs de céréales ukrainiennes exportées sous le drapeau de l’initiative qui était censée sauver le monde de la famine, entrent également et l’Italie et les Pays-Bas et le Portugal et la Belgique et l’Allemagne et la France.

L’Association italienne des producteurs agricoles Coldiretti a déclaré que l’annulation par les Russes de « l’Accord céréalier » pourrait « secouer les marchés mondiaux » et « menacer la stabilité politique dans les régions aux prises avec des problèmes de sécurité alimentaire ». Il est tout à fait regrettable qu’elle ait « oublié » de mentionner que dans le cadre de la réalisation de l’accord en question, l’Italie s’est fait livrer au passage, l’air de rien, 2 millions de tonnes de céréales ukrainiennes, soit plus de 2 fois le volume que l’ensemble des pays les plus pauvres – l’Éthiopie, le Yémen, l’Afghanistan, le Soudan et la Somalie n’ont reçu : 922 092 tonnes pour eux cinq.

La Turquie – pays transitaire de l’intégralité des céréales ukrainiennes via « l’Accord céréalier » – a gardé au passage 20% de blé (contre 10% avant la guerre, en 2021/22) et 23% des exportations ukrainiennes d’orge.

Vu les quantités relativement modestes de céréales exportées par l’Ukraine (1,7% de la consommation mondiale en 2023/24) et, surtout, vu les réels principaux destinataires de leurs céréales sous couverture de l’accord – l’existence de l’initiative en question et même l’intégralité des exportations alimentaires de l’Ukraine ne sont nullement critiques pour la sécurité alimentaires des pays les plus pauvres. Le renouvellement des exportations ukrainiennes via la mer Noire ne peut être considéré que comme un mécanisme supplémentaire, mais nullement stratégique, encore moins vital.

Les faits chiffrés ont une fâcheuse tendance à être têtus et il est tout à fait intéressant et instructif de constater que, de facto, selon le camp americano-européen, les pays qui se situent au bord de la famine ne sont guère le Soudan, le Yémen, l’Afghanistan, la Somalie, l’Éthiopie ou encore le Nigéria, mais la quasi-intégralité des pays-membres de l’OTAN. Il ne nous reste qu’à compatir avec les pauvres enfants espagnols et roumains qui, vraisemblablement, doivent ignorer s’ils survivront ou mourront de faim demain et qui doivent envier le sort heureux des enfants du Sud Soudan et du nord du Nigéria.

Difficile de comprendre la logique des haut responsables (si on peut les qualifier ainsi) politiques occidentaux qui ont fait, d’un côté, un effort sans précèdent pour se déclarer être défenseurs des intérêts alimentaires des pays les plus pauvres, pour accuser la Russie d’y planifier une grande famine et, de l’autre côté, permettre le détournement de la quasi-intégralité des exportations ukrainiennes sous l’égide de l’accord signé vers les consommateurs, dont les Occidentaux eux-mêmes, qui n’ont strictement rien à voir avec ceux mis sur le devant de la scène pour faire pression sur Moscou. Les peuples africains n’ont été qu’un outil périssable dans le cadre du stratagème élaboré.

Vu l’ampleur spectaculaire du détournement, ainsi que la présence des contrôles poussés des navires partant des ports ukrainiens tant par les Russes que par les représentants de l’ONU, il est inconcevable de supposer que les leaders « atlantistes » aient crus pouvoir dissimuler leurs méfaits à long terme.

Ne pouvant pas admettre qu’il s’agit d’un simple manque de capacités intellectuelles menant vers l’incapacité d’anticipation – car nous parlons de la quasi-intégralité des leaders politiques du monde Occidental et de leurs équipes respectives, ainsi que du pouvoir ukrainien actuellement en place – les nobles déclarations précédent la signature de « l’Accord céréalier » et la réalité de la réalisation ukraino-occidentale qui a suivi ne peuvent être que la preuve de la présence chez les décideurs en question d’une forme aiguë du cynisme, de l’hypocrisie et, tout simplement, de la dégénérescence morale.

La supercherie sur le transit céréaliers via l’EU

Le 24 mai 2022, le Conseil européen a adopté « un règlement permettant la libéralisation temporaire des échanges et d’autres concessions commerciales en ce qui concerne certains produits ukrainiens. Le règlement prévoit que, pendant un an, les droits à l’importation sur toutes les exportations ukrainiennes vers l’Union européenne ne seront pas dus ». Soit, l’abolition des droits et taxes douaniers. Le 6 juin 2023, le règlement a été prolongé d’un an, au 5 juin 2024.

Cette décision concernait les produits agricoles, les produits agricoles transformés, les fruits, les légumes et les produits industriels. En sachant que sur l’intégralité des exportations ukrainiennes plus de la moitié est traditionnellement destinée à l’Union Européenne et que la structure de l’export du pays est composée à 44,36% de la production agroalimentaire (données 2022) – ce sont bien les céréales, en premier lieu, qui ont été visées par ce nouveau dispositif douanier.

Il est important de noter qu’une telle mesure s’avère être, d’une part, particulièrement préjudiciable vis-à-vis des agriculteurs intra-européens, mais, d’autre part, très bénéfique vis-à-vis des négociants céréaliers. Néanmoins, si à son adoption personne dans l’UE n’a formulé aucune réelle objection, ceci était dû au fait que les responsables politiques de l’union ont souligné et affirmé, qu’en ce qui concerne les céréales de l’Ukraine, elles ne sont destinées qu’au transit par la voie terrestre vers les pays pauvres, en plus de celle du couloir maritime ouvert par les russes dans le cadre de « l’Accord céréalier », et nullement à la commercialisation interne à l’UE.

Dès le début de cette initiative il était déjà évident que ces déclarations étaient parfaitement mensongères. Car de telles mesures n’avaient aucun sens, si la production agricole ukrainienne était réellement destinée au transit et non pas à la consommation intra-communautaire.

Une évidence juridique : le transit constitue un régime douanier particulier qui exempte les marchandises en transit du paiement des droits et taxes sur le territoire du transit. Le transit « externe » de l’Union concerne la circulation de marchandises non-Union sur le territoire douanier de l’Union européenne (TDU), sous le code douanier « T1 ». Les produits en transit via un territoire donné ne peuvent nullement influencer les prix du produit en question à l’intérieur dudit territoire.

Soit, pour faire acheminer les céréales ukrainiennes vers les pays se situant au bord de la famine, l’adoption du règlement du 24 mai 2022 et sa prolongation n’ont seulement pas eu le moindre sens, mais ont créé l’effet directement opposé.

Pour qu’un produit soit en mesure d’influencer les prix sur un marché donné – TDU, dans notre cas – d’une manière obligatoire il doit passer, d’une part, la procédure douanière de la « mise en libre pratique », l’autorisant à circuler librement sur le territoire de l’UE (une marchandise tierce mise en libre pratique acquiert les mêmes droits qu’une marchandise produite sur le sol de l’UE), et, d’autre part, la procédure douanière de la « mise à la consommation » qui lui permet d’être commercialisée et à disposition des consommateurs.

Ce sont bien ces contraintes douanières qui ont été abolies par le Conseil européen, afin que les céréales ukrainiennes soient non pas transitées, mais bien commercialisées sur le territoire de l’UE. Cette abolition a constitué le dumping direct tant au niveau des quantités qu’au niveau du prix des céréales importées. A noter que le règlement adopté en mai 2022 abolissait également d’une manière perspicace la perception de droits antidumping sur les importations originaires d’Ukraine.

La préméditation des décisionnaires européens est flagrante. Et la prolongation qui a eu lieu, le 6 juin 2023, est la preuve directe que les responsables de l’Union Européenne ont l’intention de reproduire, vis-à-vis des futures récoltes ukrainiennes de 2024, le même scénario qui a eu lieu en 2023 : les « détourner » et les consommer, une fois de plus, au lieu de les faire transiter vers les pays dans le besoin critique.

Soit, non seulement les bateaux transportant les céréales ukrainiennes dans le cadre de l’initiative de la mer Noire ont été « détournés » vers l’Europe, mais même la voie terrestre propice a été ouverte, afin de maximiser la « spoliation » des récoltes de l’Ukraine.

Partie 3/4

Les « 5 fantastiques » ou les armes de destruction massive du néolibéralisme

En énumérant les parties prenantes dans « l’Accord céréalier », j’ai décrit en détail le camp « atlantiste » américano-centrique, ce qui peut laisser croire qu’il ne s’agit exclusivement que des décideurs politiques occidentaux et de leurs exécutants. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Les élites politiques sont bien les signataires des décisions prises, mais ne sont nullement leurs seuls instigateurs et, encore moins, leurs principaux bénéficiaires.

Qui sont, alors, les réels instigateurs et les principaux bénéficiaires de « l’Initiative pour le transport sécuritaire des céréales et des aliments à partir des ports ukrainiens » ?

Jusqu’à la suspension par la Russie de sa participation, l’existence même de cette initiative sous couverture humanitaire n’a servi, quasi intégralement, qu’aux intérêts de ceux qui fournissent un effort considérable pour rester le plus discret possible : des géants américains et européens négociants de l’agro-industrie, et des financiers qui les épaulent. Les élites politiques du camp américano-centrique ne sont que les outils et les exécutants, dont le rôle était de créer via les mass-médias contrôlés par les dotations étatiques (exemple : l’Agence France Presse est financée par l’État à hauteur de plus de 100 millions d’euros par an, soit un tiers de son chiffre d’affaires) le prétendu rôle de l’Ukraine en tant que « sauveuse de l’humanité d’une grande famine » – ce qui a permis la mise en place dudit arrangement.

Depuis des décennies, les géants de l’agro-industrie font du lobbying via leurs agents de pression politique auprès des institutions internationales telles que la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International pour y faire dominer la politique néolibérale d’ouverture des marchés et mettre les pays pauvres et ceux en voie de développement dans l’obligation de s’ouvrir de plus en plus aux marchés internationaux. Au niveau national, le protectionnisme étatique est combattu, les aides aux exploitations agricoles locales s’anéantissent et la dépendance vis-à-vis des monopoles multinationaux de l’agroalimentaires s’accroit.

La production mondiale de céréales depuis les 20 dernières années est, hormis quelques années, en croissance constante et, comme mentionné auparavant, devrait atteindre 2819 millions de tonnes en 2023, ce qui est un niveau record, après le record qui a déjà eu lieu l’année précédente.

Malgré cette production au niveau sans précédent, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont vu une croissance de 33,6% et ont atteint leur niveau le plus haut depuis 1990, au moins, – l’année de la création par l’ONU du registre de contrôle des prix alimentaires.

La crise du marché alimentaire ne date nullement du début de l’opération militaire russe en février 2022. Bien auparavant, en 2015, selon l’ONU et le Programme Alimentaire Mondiale (WFP), déjà près de 670 millions de personnes dans le monde souffraient de faim chronique. En 2021, à cause des perturbations supplémentaires sur le marché alimentaire mondial dues à la pandémie du Covid, ce chiffre est passé à 828 millions de personnes.

Depuis le pic spéculatif des prix en mars 2022, le coût des céréales sur les marchés mondiaux est en baisse significative, ce qui est grandement dû à la réussite de la Russie qui continue à alimenter le marché mondial par des céréales, malgré les importants efforts des élites politiques « otaniennes » pour l’en empêcher.

Néanmoins, il faut souligner que si même au début de 2023 les prix des céréales et oléagineux sont revenus à leur niveau de la fin 2021, en cette période avant le déclenchement de la guerre en Ukraine les prix mondiaux des denrées alimentaires de base étaient déjà très élevés et ont vu leur augmentation à hauteur de 28% en moyenne, dont 31,3% pour le blé et 44,1% pour le maïs par rapport à l’année précédente.

Soit, la propagande occidentale accusant la Russie et son opération militaire d’être la cause de la crise alimentaire que le monde connait est purement fantaisiste : le problème du marché des céréales est structurel, non pas conjoncturel, et dépasse grandement la période des hostilités sur le territoire de l’Ukraine.

Selon l’ONU-même et le Conseil International des Céréales (CIC) américain, en période du 07.2021 au 06.2022, la production mondiale de céréales a augmenté de 5 millions de tonnes, tandis que les volumes commercialisés ont augmenté de 3 millions de tonnes par rapport à la période précédente. Quatre mois après le début de la guerre en Ukraine, la disponibilité globale de blé – la production plus les stocks disponibles dans le monde – a été excédentaire de près de 275 millions de tonnes par rapport à la demande globale. Nous ne disposons pas encore des chiffres précis, mais les estimations démontrent qu’en période du 07.2022 au 06.2023, la disponibilité mondiale a également été excédentaire par rapport à la demande.

Vu cette réalité, la question se pose : quelle est, alors, la cause de la flambée des prix, notamment du blé, qui va, tout simplement, à l’encontre de la logique régissant les marchés et qui met des millions de personnes dans le monde au bord de la famine ?

La réponse se situe principalement au niveau seulement de cinq entreprises, les plus grands négociants céréaliers, qui contrôlent pour eux cinq dans les 90% du marché mondial non seulement du blé, mais de l’intégralité des céréales commercialisées dans le monde : Cargill, ADM, Bunge, Louis Dreyfus et Glencore.

Quelle est l’origine de ces sociétés et quel est leur chiffre d’affaires dans ces temps si difficiles que vit l’humanité?

La multinationale Cargill est une société américaine, la plus grande entreprise privée des États-Unis, dont le chiffre d’affaires pour l’exercice 2021/22 est de 165 milliards de dollars américains – le record absolu depuis les 157 ans de son existence – avec une croissance de 23% du CA par rapport à l’année précédente et dont le bénéfice net atteint 6,68 milliards USD (+35%). Pour l’exercice 2022/23, le CA a augmenté de 7% de plus et atteint un nouveau record : 177 milliards USD.

La multinationale Archer-Daniels-Midland (ADM) est également américaine et a réalisé le CA de 101,85 milliards de dollars pour la même période, avec une croissance de 19,47% du CA. En même temps, elle enregistre une croissance record de 60% de bénéfice net qui atteint 4,34 milliards USD.

La multinationale Bunge est, une fois de plus, américaine, dont le CA atteint 67,25 milliards USD pour l’année 2022 (avant sa fusion avec le géant canadien Viterra).

Le groupe Louis Dreyfus est franco-suisse avec le CA de 2022 à hauteur de 59,9 milliards de dollars, soit une croissance de 21%. Et ceci malgré les volumes de ventes à -1,3% par rapport à l’année précédente. Le bénéfice net est de 1,006 milliard USD contre 697 millions USD en 2021, grandement grâce à la guerre en Ukraine : on vend moins et on gagne plus.

Et le groupe Glencore, un anglo-suisse, dont le CA de l’année de guerre 2022 est de 256 milliards de dollars pour toutes ses activités confondues, soit une croissance de 26% par rapport à l’année précédente. Avec ceci, ce groupe contrôlant, entre autres, dans les 10% du marché mondial des céréales, a fait 17,3 milliards USD de bénéfice net, soit une modeste croissance de 248%.

Le marché céréalier est très volatil, car il dépend d’un grand nombre de variables dont les principales sont l’offre et la demande ; la météo, dont les récoltes en dépendent ; la situation géopolitique des principaux pays-producteurs ; le fret transport et le prix de l’énergie. Chacun des facteurs-clés énumérés, hormis la météo, sont parfaitement manipulables et les cinq géants, dont les bénéfices faramineux des dernières années n’ont aucune corrélation avec la dynamique réelle de l’offre et de la demande, sont passés maîtres absolus en la matière. Leurs bénéfices historiques sont dus, en grande partie, à l’augmentation spectaculaire de leurs marges.

Ces cinq négociants disposent d’un monopole absolu sur le marché céréalier mondial. Monopole qui s’appuie sur plusieurs éléments clés, dont les principaux sont, d’une part, leurs capacités sans égal au niveau du stockage (ils détiennent la majeure partie des stocks mondiaux de céréales) et de transport (les 5 groupes contrôlent le transport des 9/10 des céréales produites dans le monde) ; d’autre part, sur le lobbying auprès des centres de décisions politiques du camp Occidental.

Les paroles de Fernand Braudel pour qui le capitalisme est la limitation de la transparence et l’établissement des monopoles qui ne peuvent être atteints qu’avec la complicité directe de l’Etat, trouvent leur reflet direct dans les activités de ces géants.

En tandem avec les « 5 fantastiques » céréaliers, les marchés à terme des céréales ont été particulièrement actifs dans les premiers mois de la guerre. Dix des plus grands fonds spéculatifs mondiaux ont fait près de 2 milliards USD de bénéfices nets en capitalisant sur la montée des prix des céréales en cette période. Sous la pression des lobbies, ni les régulateurs américains, ni les régulateurs européens n’ont fait aucune opposition à ces manipulations financières qui, à elles seules, ont grandement participé à la spéculation et la montée des prix de l’alimentaire.

La sécurité alimentaire est composée de plusieurs facteurs stratégiques, dont la stabilité de l’accès à la nourriture, la stabilité de la disponibilité suffisante et la stabilité de la qualité des nutriments. Et c’est bien la souveraineté alimentaire, définie durant le Sommet mondial de l’alimentation de 1996 en tant que « droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires » qui est le garant d’une véritable sécurité alimentaire. La souveraineté alimentaire mondiale qui est combattue depuis des décennies avec un succès indéniable par les principaux bénéficiaires et instigateurs du modèle économique néolibéral.

Les géants occidentaux de l’agro-industrie et l’Ukraine

En ce qui concerne l’Ukraine, une partie considérable des volumes exportés de céréales proviennent des terres agricoles appartenant non pas aux ukrainiens, mais… bien à des géants occidentaux de l’agro-industrie. En mars 2020, sous l’influence des lobbies occidentaux auprès du FMI, l’Ukraine a adopté la loi autorisant à racheter les terres agricoles par des entreprises étrangères, ce qui était interdit auparavant. Ceci était la condition du FMI – l’organisation contrôlée par les « atlantistes » – pour que l’Ukraine accède à la nouvelle ligne de crédit du Fond.

Depuis ce méfait désastreux accompli par les élites politiques actuelles ukrainiennes contre les intérêts nationaux de l’Ukraine, seulement en 3 ans suivant son adoption, près de 40% des terres cultivables du pays sont devenues la propriété d’acteurs économiques étrangers.

La prise de contrôle de l’agriculture ukrainienne, principalement par des puissances occidentales, était d’autant plus facile, que si les prix à l’achat d’un hectare de terre arable en Union Européenne varie en moyenne de 4 à 70.000 USD, le même hectare en Ukraine leur revenait seulement à 1-2.500 dollars, en sachant que la qualité générale de la terre cultivable ukrainienne est sensiblement meilleure que celle européenne.

Aujourd’hui, plus de 52% des terres cultivables ukrainiennes, soit 17 millions d’hectares, appartiennent seulement à 3 entreprises : les américains Cargill et DuPont et l’allemand Bayer (dont les terres en Ukraine ont été acquises par l’américain Monsanto, société acquise, ensuite, par l’allemand). Et ils ne sont pas les seuls nouveaux propriétaires étrangers heureux des sols ukrainiens : toute une série d’autres géants de second rang sont également présents dans le pays. La classe politique actuellement installée à Kiev a fait le nécessaire pour qu’à moyen/long terme la quasi-intégralité des terres arables du pays n’appartiennent plus aux ukrainiens.

Durant les premiers mois de la guerre en Ukraine, les élites politiques de l’Occident collectif ont fait le nécessaire pour créer des couloirs « humanitaires », dont celui sous « l’accord céréalier de la mer Noire », pour faire sortir les « marchandises » bloquées et appartenant à leurs grands compatriotes qui, par la suite, ont disposé de leurs biens de la manière détaillée précédemment. Il n’est donc nullement étonnant de constater que les exportations des denrées alimentaires exécutées par le pouvoir ukrainien se réalisent sur un fond qui peut laisser perplexe qu’un spectateur ignorant : la probabilité très élevée que l’Ukraine elle-même connaîtra une pénurie alimentaire déjà d’ici la fin de l’année en cours.

L’EU et la prohibition des céréales ukrainiennes

Si l’ouverture totale du marché européen a été tout-à-fait bénéfique à de grands groupes-négociants en céréales et à de hauts fonctionnaires européens qui les représentent d’une manière évidente, cela n’a pas été le cas des agriculteurs des pays-producteurs de céréales frontaliers de l’Ukraine.

L’intégralité de ces pays, membres de l’UE, avec la Pologne en tête, ont, tout simplement, fait interdire l’entrée des céréales ukrainiennes sur leurs territoires respectifs. L’embargo a été en vigueur du 2 mai au 30 juin 2023 et, malgré l’opposition et les menaces des sanctions de la part de la direction de l’UE, la Pologne le fait reconduire depuis le 15 septembre dernier.

De leur côté, les élites politiques occidentales ont proliféré des mensonges via l’appareil de propagande des mainstream-médias, qui ne peuvent être qualifiés que de grossiers, en stipulant que les céréales en question ne font que transiter via le territoire polonais à destination des pays les plus démunis ; que ce type d’initiatives radicales de la part de la Pologne sont infondées et que la chute des prix des céréales, notamment en Pologne, n’est due qu’à l’accumulation des stocks temporaires des céréales ukrainiennes sur leur sol, faute de logistique pour les faire suivre vers les peuples au bord de la famine. Le fait que les céréales entrent sur le territoire de l’Union Européenne non pas sous le statut du transit douanier permettant l’exemption des droits et taxes, mais bien sous le statut d’importation directe permettant la mise en libre circulation et la consommation du produit en UE est mis sous le tapis.

Déjà, sous les restrictions qui ont eu lieu en mai-juin 2022, le président ukrainien, V. Zelensky, connaissant parfaitement la réalité : les exportations de céréales ukrainiennes ne sont nullement prévues pour les pays les plus pauvres, mais, en grande partie, bien pour le marché interne de l’UE – il s’est mis en colère et a qualifié d’« absolument inacceptable » que la Commission européenne se soit pliée aux exigences des cinq pays de l’Europe de l’est et a confirmé que les quatre produits en provenance d’Ukraine : le blé, le maïs, le tournesol et le colza – ne peuvent être ni stockés, ni commercialisés sur le territoire de l’EU, mais doivent uniquement transiter par le territoire des pays en question.

Le cynisme chronique de la classe dirigeante « atlantiste » ne lui permet pas de se soucier de la moindre crédibilité de leurs déclarations aux yeux de la communauté internationale non occidentale qui les observe. Elle est parfaitement informée de la situation et ne prend plus la peine de la cacher. Selon la déclaration du Commissaire européen en charge de l’Agriculture, le Polonais Janusz Wojciechowski, aux membres du Parlement européen lors d’une audition de la commission de l’agriculture, seuls 2-3% des céréales ukrainiennes entrées dans l’UE la quittent vers des pays hors Union, dont l’Afrique. La raison qu’il a évoquée est le coût de transit trop élevé, ce qui rend une telle initiative « économiquement non-viable». De ce fait, la quasi-intégralité des céréales ukrainiennes reste sur le marché européen.

Aujourd’hui, malgré les menaces de sanctions déclarées par les hauts fonctionnaires européens, ni la Pologne, ni la Hongrie, ni la Slovaquie n’ont l’intention de réouvrir leurs frontières aux céréales ukrainiennes pour leur transit vers les pays hors de l’EU – ce qui, logiquement, devait être une excellente alternative à la suppression par les Russes, le 18 juillet 2023, du couloir maritime sécurisé de la mer Noire. Une telle réouverture de frontières n’aura pas lieu, car ils sont parfaitement au courant : le prétendu « transit » via l’UE vers les populations au bord de la famine n’est qu’une grande supercherie organisée par leur propre camp, mais dont les trois pays en question se sont retrouvés en position de victimes collatérales et en paient les frais.

Il est à noter, entre parenthèses, que la domination quantitative du secteur agraire ukrainien vis-à-vis de l’agriculture des pays de l’est de l’Europe est une raison, entre autres, pour laquelle il est exclu que l’Ukraine entre un jour au sein de l’Union Européenne, ce qui procurerait, notamment à des denrées alimentaires ukrainiennes, l’accès libre et permanent au territoire douanier commun de l’Union européenne (TDU) et aboutirait à l’anéantissement direct et assuré du secteur agraire de plusieurs pays-membres de l’EU. Les déclarations du contraire par les responsables européens sont purement démagogiques et ne sont qu’un outil de motivation pour Kiev et de pression sur Moscou.

Partie 4/4

Les réserves céréalières

En parlant de la famine dans le monde, il est important de souligner : la production agricole et les réserves alimentaires mondiales sont tout à fait suffisantes pour assurer aisément son éradication.

Death Wish 2023: The Globalists’ “Invincible Self-righteousness” regarding the War in Ukraine: Craig Murray

By  Craig Murray

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There can be few safer indicators of the views of the globalist “liberal” Establishment than reports of the Royal Institute of International Affairs, which prefers to be known as Chatham House.

Chatham House’s principal funding comes from the UK, US, Canadian, German, Swiss, Japanese, Swedish and Norwegian governments, the World Bank and the EU, and from corporate “philanthropists” including IKEA, Bill Gates, George Soros, Carnegie Foundation, Ford Foundation, BP, Chevron, Shell, and ExxonMobil. I could go on.

In other words, Chatham House is absolutely rolling in the dosh controlled by states and the super wealthy. It is headquartered in the palatial residence of the imperial expansionist Prime Minister William Pitt, and has expanded out over time into two great adjoining mansions.

(In 2022 it also, despite all the petroleum bungs, received its largest grant from the MAVA Foundation, a Swiss environmental charity, which was that year closing down and disbursing all its funds).

So Chatham House is a pretty infallible guide as to what those who control western “democracies” are thinking. And when it comes to Ukraine, what they are thinking is terrifying.

Chatham House has released a report which “makes the case for dramatically increased Western military assistance to Ukraine, and argues against concessions to Russia”.

The report is organised as a list of nine “fallacies” which the authors are concerned that Russian propagandists have successfully insinuated into Western thinking, and sets out to refute each of them.

This is rather a high risk approach as, taken together, the nine “fallacies” on the face of it make a cogent and convincing argument against the escalation of the war.

But, convinced of the protection of their amulets of invincible self-righteousness, the authors plunge right in to their refutations.

I do not intend to go through them all. I merely seek to illustrate the intellectual paucity of this lavishly funded enterprise.

The task of debunking the first “fallacy”, that all wars end in negotiation, is given to James Sherr OBE, an American careerist Russophobe who is currently Head of Vilification at the Estonian Foreign Policy Institute (I definitely got the Institute right but I may have mistranslated his title a bit).

Estonia has of course much in common with Ukraine. It gained its national freedom on the collapse of the Soviet Union and it has subsequently put state resources into honouring Nazi Holocaust participants.

Two of the three Estonian Waffen SS officers in this photo have had official plaques to them unveiled in modern Estonia, reported with approval and no sense of controversy in the state media.

Halt This Crazy Rush to All-out War

I thought I might mention this in case anyone thinks it unfair that Ukrainian Nazis were spotlighted by another Waffen SS member being given a standing ovation by the Canadian parliament. It is only fair to point out that a lot of Ukraine’s closest supporters are riddled with Nazi sympathy also.

Anyway, what does Estonian state employee and US citizen Dr James Sherr, Officer of the Order of the British Empire, former Fellow of the UK Defence Academy, have to tell us about the “fallacy” that all wars end in negotiation?

The first problem is that they don’t. It is true that the majority of wars do not end in absolute victory. Ceasefire, armistice and stalemate terminate most conflicts, even if the ‘peace’ is infirm or short-lived. But where the stakes are absolute, as they were in the Napoleonic wars, the US Civil War and the Second World War, armed conflict usually ends in the victory of one side and the defeat of the other. Negotiation, compromise and reconciliation are undertaken with new regimes only after old regimes are defeated and removed. The Franco-German reconciliation invoked by Emmanuel Macron would have been inconceivable had the Nazis remained in power.

Sherr goes on to argue that the stakes in this war are absolute. It is an existential war for Ukraine because Russia seeks to destroy it entirely, and it is an existential war for Russia because, he argues, Putin believes that Kiev is the cradle of the Russian soul.

Having defined it as an existential war, he says that it follows that it must be escalated up to total war and total victory.

It is very plainly an argument to escalate the war to achieve regime change in Russia:

Negotiation, compromise and reconciliation are undertaken with new regimes only after old regimes are defeated and removed.

Sherr is perfectly happy to contemplate millions of deaths. Look at his comparisons; the Napoleonic Wars entailed 3 million combat deaths, the US civil war about 700,000 combat deaths and the Second World War about 15 million. In each case you can probably more than double that for total civilian deaths caused by those wars.

Let me be absolutely plain: Sherr is saying this is the kind of total war he wants against Russia, rather than a more limited one.

Strangely enough Sherr does not reference those more recent great western wars for regime change, in Iraq, Afghanistan and Libya, which also resulted in the deaths of millions. Possibly even he realises the end results have not been entirely desirable.

But is this war really existential for either Ukraine or Russia? The truth is that ever since Ukraine became independent in 1991 it has been unstable, deeply divided over whether to look west to the EU or look east to Russia. The political and linguistic division broadly at the Dnieper runs deep into history.

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Modern Ukraine is a failed state that collapsed into civil war in 2014 after twenty years of political tension between openly pro-Western and pro-Russian political forces which were remarkably evenly balanced.

Up to and including 2014, both the Western powers and Russia engaged in all forms of political interference, espionage and chicanery to try to win Ukraine. Back in 1996 when I was First Secretary in the British Embassy in Warsaw, I helped author a paper for the Cabinet Office which said that Poland was now secured to the West, but the hinge of history would be the Ukraine. I discussed it with George Soros in person (he bought me a pizza).

I cannot share the outrage of many on the left at the “colour revolution” of 2014. Both Russia and the West had been playing a dirty game. Yanukovych was more or less kidnapped by Moscow to disavow the EU Association agreement. The ensuing 2014 coup was just the US being more adept at winning the dirty game, of which I as a former player well know the rules, or lack of them.

The subsequent annexation of Crimea and reinforcement of the Donbass was the Russian counter-move. That ended the hope that a united Ukraine would ever be pro-Russian. The civil war rumbled on ever since until the larger Russian invasion. The extreme discriminatory measures against the Russian speaking population post-2014 ended the hope that a united Ukraine would ever be possible.

Chatham House itself illustrates that Ukraine was nothing but this East/West conflict playground. In 2023 the “Chatham House Prize” for international relations was awarded to Ukrainian President Zelensky. In 2005 the inaugural “Chatham House Prize” had been awarded to President Viktor Yushchenko of Ukraine, openly for turning Ukraine from a pro-Russian to a pro-EU foreign policy.

A country where it is a prize-winning achievement to win a narrow majority for pro-western policies, against the wishes of the other half of the country which wants a pro-Russian foreign policy, is not a viable long term political entity.

At no stage in this post-Soviet story did Ukraine ever become a viable state. It was a poor, undeveloped and undeveloping, east-west power game venue. Both sides were rigging elections and the oligarchs and their pet politicians oversaw massive corruption, on a mind boggling scale.

Which corruption has no way lessened, and has battened on vast flows of “assistance” from the west.

There has never been a Ukraine under the rule of law and proper democratic government, to which to now return. What does Sherr think will be the attitude of the Russian speaking half of the Ukrainian population if his massive, blood-drenched, total war does bring about the total defeat of Russia?

Ukraine has now banned Russian as an official language, banned all Russian speaking newspapers, banned the pro-Russian political parties, banned teaching in Russian in schools, banned Russian books in libraries and banned the Russian Orthodox Church. Yet Russian is the first language of about 40% of the population.

Is the plan that the total war will result in such genocide that Russian speakers in Ukraine will be no more? Will they all be ethnically cleansed? Or after so much death and destruction, will they just quietly live as second class citizens, and abandon resistance? Is that the plan?

In truth, the best opportunity for a functioning and more efficient Ukrainian state is, now we are in this hot war, for it to lose the Russia-leaning areas and become a more homogeneous and unified entity, with a much greater chance of being at peace with itself and of sorting out its colossal governance problems.

A smaller, better, Ukraine that quickly finds its way into the EU would benefit the great majority of pro-Ukrainians and provide a more stable future for Eastern Europe. In time, it would come to be seen as a blessing.

A negotiated land-for-peace deal, with genuinely free referenda conducted under UN supervision to determine borders, has always been possible and is now essential.

That is what diplomacy is. Yes, mankind can conduct its affairs through total war, inflicting death, maiming, rape, hunger, disease and long term poverty on a massive scale. Or compromise can be reached. That there are those who argue for the former over Eastern Ukraine is sickening to me.

The other problem with a total war is of course that it might be your side which loses. If Sherr wants total war and no negotiation, he is of course accepting the possibility that Russia will conquer all of Ukraine – and would have no right at all to complain of that outcome.

In which case what would become of the Ukrainians? One thing is for certain, a massive wave of refugees would be launched right across Europe.

The practical problem with Sherr’s call for total war is that Ukraine really does not have the population numbers to sustain to victory a total war against Russia. It is just going to run out of people, as indeed the much trumpeted counteroffensive appears to have done.

The extreme escalation of western weaponry which Chatham House proposes, might indeed get round the population problem and tip the balance by inflicting simply massive casualties on Russia, but it is an incredible gamble to believe that so much hurt could be inflicted on Russia without risking nuclear annihilation.

It is improbable that China will permit these lunatic western warhawks to risk the entire future of humankind. Sherr is not of course alone – each section of the report has a different author, and some of them are even more unhinged. Please feel free to discuss further in the comments.

A diplomatic settlement to the Ukraine war terrifies western power structures because it will underline the decline of western hegemony and the increasing influence of BRICS and other non-western voices.

The actual destruction of Russia as an independent power has become essential to the apostles of empire, as a means of maintaining a psychological ascendancy for a few more years. They really do not care how many die for that. Do we really want to follow Dr Sherrangelove and his fellow Chatham House ideologues down this path?

Remember that list above of who pays for Chatham House and who wants all this death. I can see how it benefits them. But, dear reader, how does it benefit you?

An independent Ukraine, shorn of the Eastern provinces that have never wished to look westward, is in the long term much more feasible and viable than some kind of military Valhalla created by an epic war of conquest.

A negotiated and equitable end to this conflict is perfectly viable. It always has been so. The people of Europe have to reject the military industrial complex, the war profiteers and the blazing-eyed ideologues – and look for a fair peace.

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Featured image is from Chatham House

https://www.globalresearch.ca/death-wish-2023/5835357

The Balkans Geopolitics: Between a Bridge and the Battlefield

By Dr. Vladislav B. Sotirović

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The Balkans and Geopolitics

The peculiar geostrategic position of the Balkan Peninsula gives us an answer to the question of why it has been throughout history both a bridge and the battlefield of different civilizations and cultures.

Thus, the history of the region was to a great extent determined by the location of the Balkans. Situated at the meeting point of Europe, Africa, and Asia both the Balkans experienced alternate imperial drives, competing ideologies together with conflicting social, political, and economic systems.[1] For the local people in the region, to live in the area of high international tensions meant primarily to find a way out from permanent pressure from abroad. It led to their resistance to any foreign realm and outside attempts to annex or dominate the region. Accordingly, it was exactly this part of the Old Continent to deserve the label of “Europe’s worst trouble spot”.[2] At the same time, Southeast European societies accepted many foreign institutions, customs, rules, or habits which were in many cases reshaped according to the local traditions and necessities.[3]

The thoroughly high degree of international interest in the Balkans for the whole time of mankind’s history comes in first place for the reason of its geopolitical and geostrategic value.[4] The Balkans was during the entire 19th and 20th centuries a real “laboratory” for the expression and investigation of different attributes of geopolitics.[5]

The region of the Balkan Peninsula in geographical terms is straitened between the Mediterranean basin and the Danube watershed which, basically, means that one great long-time state-body could not be established. Moreover, for the reason of the mountain face of the region, broken and interlaced with many smaller and bigger rivers, the local population was “destined” to live within smaller state organizations.

The ancient Greek city-state (пoλιξ) was a typical product of the geographical conditions of the area.[6] When the borders of a newly independent state of Albania were drawn in 1913, they followed to a great extent the geographical shape of the area living many ethnic Albanians outside the motherland, a majority of them in Serbia’s province of Kosovo-Metochia as well as in West Macedonia, South-West Greece, and East Montenegro.

In other words, the regional geographical conditions became one of the most decisive hindrances for the Balkan people to realize their maximized territorial aims and requirements. Besides this factor, the long-time intermixture of different ethnic, religious, and cultural groups became the second obstacle which did not allow Southeast European nations to effectuate their dreams of national unification within a single national statehood without the conflict with their neighbors or co-dwellers who had similar national visions.

South-East European nationalism led by the basic idea that each ethnos has to live in one national state was an essential ideological framework for the constant inter-ethnic collisions.[7] The creation of a single national state body, composed of all ethnographic and historic “national” lands, was in the eyes of the leading Balkan politicians a final stage of national awakening, revival, and liberation which started at the turn of the 19th century at the ideological basis of the German romanticist nationalism expressed in a formula: “One Language-One Nation-One State”.

The struggle upon the same “national” territories which belonged to “everybody” following historic, ethnic, military, or geostrategic principles and reasons resulted in the certitude that in this part of the world, there was more blood than land. In other words, there were not enough territories to satisfy all national aspirations. Thus, for example, Serbian, Greek, Ottoman, Montenegrin, and Albanian dispute over the destiny and fixed borders of the independent Albania in 1912–1913, or the Yugoslav civil war in 1991–1995 followed by the Yugoslav-Albanian struggle over Kosovo-Metochia’s province in 1998–1999 are only the episodes of the local nationalism but certainly not an exemption.[8]

The most important feature of the Balkan geopolitics is the peninsula’s geographical, historical, political, military-strategic, and economic connections with the Mediterranean Sea and basin. The most convenient geographical definition of the Balkans is a “Peninsula of the Mediterranean”.

Almost all Balkan states are the Mediterranean ones. The seas which belong to them are parts of the greater Mediterranean Sea. For instance, since the Adriatic and the Ionian seacoasts are integral parts of the Mediterranean shore, located near Italy, their strategic importance often attracted in history many foreign powers to occupy and possess them like the Ancient Greeks, the Romans, the Byzantines, the Normans, the Hungarians, the Venetians, the Serbs, the Ottomans or modern Italians. 

Historically, the notion of the Balkans was in conjunction with the Oriental Ottoman Turks who gradually spread their lordship over the peninsula from 1354 keeping it under their sway till 1913.

However, certain European Great Powers saw the Balkan seaside either as their legitimate historic possession or the sphere of influence, endeavoring to keep back the Ottoman Empire from the Balkan littoral. From the cause of historic-cultural factors, the continental parts of the Balkans were related to the Orient, while the littoral parts of the Balkans were cognate to the Occident.

The crucial reason for the Russian interest in the Balkans was an aspiration to possess the exit to the “warm seas”. For the German Second Reich’s diplomats (1871–1918) and the Nazi politicians (1933–1945), South-East Europe became attractive as the “transversal corridor” which was connecting the Middle East and Asia with the German European possessions; in other words, a corridor very suitably located for Berlin’s policy of Drang nach Osten.[9]

In the eyes of Austro-Hungarian foreign policy creators, the region was of pivotal prominence as the only overland way to Vienna’s final goal – to have control over the Aegean seaport of Salonika (Thessaloniki) in Aegean Macedonia. A special point of interest in the Balkans by the European Great Powers at the turn of the 20th century became the entrance (gate) to the Adriatic Sea bordered by Italy’s and Albania’s littorals. From this point of view, for Viennese politicians, Albania’s territory, especially its seacoast, should play a role of the pivotal obstacle against the Italian penetration in the Balkans, especially towards the Salonika seaport which should be transformed into the principal Austro-Hungarian commercial export-import point in the Mediterranean Sea.

The Adriatic and the Ionian littorals became from the 1860s extremely attractive for the Kingdom of Serbia as one of the possible strips of the Balkan territory where Serbia could find the exit to the sea for commercial reasons. The Montenegrin Principality (from 1910 the Kingdom of Montenegro) was infatuated only by the ultimate north-western portion of present-day Albania – the area around the city of Scodra for historical reasons as Scodra was the capital of Montenegro in the early Middle Ages. The Kingdom of Bulgaria from its de iure acquainted independence in 1878 expressed its thirstiness for the Aegean littoral as well.

The Greek pretensions for the same territory led finally Sofia and Athens to the war in 1913 (the Second Balkan War). In the Balkan politics of Serbia, Montenegro, Greece, and Bulgaria at the turn of the 20th century, the Albanians and Albania were the wedges against the others. For instance, for Bulgaria, the Bulgarian-Albanian axis was imagined as the best impediment against the Serbian-Greek teamwork and joint political actions. Finally, the Ottoman Empire had its political-economic interest in keeping the Ionian littoral as its possession. For this purpose, for Istanbul’s diplomats, the eastern entrance to the Adriatic Sea (Albania) should be under Ottoman control. 

The Ionian littoral with its hinterland played a significant role for the Ottoman sultans at the time of the Ottoman wars for South-East Europe. For instance, Sultan Mehmed the Conqueror (1451–1481) established on the hinterland of the Ionian seacoast two of the most important Ottoman footholds at the Balkans for further intended military actions across the Adriatic Sea. These two military fortresses were built at Akçahisar (Kruja) and Avlonya (Valona). The Ottoman commanders (beys) on the north-east Ionian littoral were allowed by the sultan to increase their raiding expeditions into Bosnia-Herzegovina, and Dalmatia, respectively.[10]

The Military-strategic Factors of the Balkan Geopolitics

In the 19th and the 20th centuries the eastern portion of Southeast Europe was under the Russian sphere of influence because it was closer to the main Russian objects of acquisition – Constantinople (Istanbul), the Sea of Marmara, the Bosporus, and the Dardanelles. Beginning with the time of the Empress Catherine the Great (1762–1796) the conquering of Constantinople was put on the pedestal of the Russian Balkan policy.[11] On the other hand, the western piece of Southeast Europe was considered the Austro-Hungarian (the Habsburg) sphere of influence. Consequently, the Russian-Austro-Hungarian spheres of influence overlapped on the territories of Serbia and Montenegro[12], while the territory of Albania experienced similar overlapping of the Italian-Austro-Hungarian spheres of influence. Taking this in mind, it was quite natural that the members of the European Great Powers supported different Balkan states during the Balkan Wars in 1912–1913 and the First World War in 1914–1918. 

The military-strategic factors of Southeast Europe have five delicate points: 

  1. The “Ljubljana Door” adjoins Central Europe and North Adriatic.
  2. The Morava-Vardar valley bounds Central Europe with the North Aegean Sea.
  3. The Pannonian Plain is in the confines of the southern part of Central Europe and North Balkans.
  4. The River Danube is the main bridge of Southeast Europe with Central and West Europe.
  5. The Black Sea’s seashore.[13]

Many invaders throughout history used these five points as roads to cross from Central Europe to the Balkans or vice versa (for example, the Crusaders and the Ottomans).[14] The Sub-Danubian region of Southeast Europe played a significant role in the German-Austrian foreign policy course of Drang nach Osten in the years from 1871 to 1918. Under this course should be grasped the German military-political-economic penetration into Asia Minor and when the Suez Canal was opened further into India (the German plans concerning the Baghdad and Anatolian railways). The Dual Monarchy of Austria-Hungary became the locomotive of this course after the annexation of Bosnia-Herzegovina in 1908, interested in the first place to drive towards the Aegean Sea through the Sanjak of Novi Pazar (after 1913 divided between Serbia and Montenegro)[15] and the valley of the River Vardar. At the time of the Austrian-Hungarian Emperor Franz Josef I (1848–1916), a synonym for his country was a “Sub-Danubian Monarchy” referring to the importance of the River Danube for the very existence of Austria-Hungary which was composed by the Balkan and Central-European provinces. [16]

Hybrid Wars: Breaking the Balkans

The Black Sea’s seashore became the principal battlefield area between imperial Russia and the Ottoman Empire from the time of the Russian Empress Catherine II (1762−1796) throughout the 19th century and the beginning of the 20th century. Both belligerent sides tried to increase their political influence in Southeast Europe to provide their hegemony in the area of the Black Sea’s maritime.

Nevertheless, the other European Great Powers had as well as their particular interests in the sector of the European part of the Black Sea’s shore and its waters like the United Kingdom, France, Germany, Austria-Hungary, and even Italy. The struggle of the European Great Powers upon mastering the Black Sea’s trade and military directly or indirectly affected the domestic affairs of Serbia, Romania, Bulgaria, Montenegro, and Greece.

It was true particularly from the time of the Crimean War (1854–1856) to the time of the Great War (1914–1918) when the fight of the small Balkan nations for their national liberation and unification depended to a large extent on the result of the Russian-Ottoman wars and the Russian diplomatic support for the Balkan Christian Orthodox states. For instance, after the Russian military and diplomatic defeat during the Crimean War and the Paris Peace Conference in 1856, Serbia, Montenegro, Bulgaria, and Greece could not expect any territorial achievement until the next Russian-Ottoman War of 1877–1878 in which the Ottoman Empire was defeated. Therefore, due to the Russian victory and the San Stefano Peace Treaty in 1878, Bulgaria, Montenegro, Romania, and Serbia became independent states according to the Berlin Congress’ decisions in July 1878 and at the same time enlarged their state’s territories at the expense of the Ottoman Empire.[17] At that time, the Russian principal protégé in the Balkans was Bulgaria which was the prime reason for Serbia to turn her eyes towards Vienna and Pest after 1878. The Russian pro-Bulgarian Balkan policy during the war against the Ottoman Empire in 1877–1878 had its foundations in the Russian efforts to establish a firm foothold on the Black Sea’s littoral to easily acquire control over Istanbul and the Straits. For that purpose, Bulgaria was the most appropriate Balkan state as being a vanguard of the Russian Euro-Balkan policy and the main forerunner of St. Petersburg’s interests in the region.

Possible and Real Political Axis-alliances in Southeast Europe

Southeast European geostrategic importance can be sublimated in the next three points: 

  1. The region is a significant overland tie between Europe and the Middle East.
  2. The region has important reserves of natural wealth in raw materials, energy, etc.
  3. The region located between Central Europe, the Black Sea, and the Mediterranean Sea was and is an important point of the European and even global system of security and strategy of imperialistic powers.[18]

Southeast Europe had its highest geostrategic importance in international relations at the beginning of the 20th century when the region became a notable link in the chain of the European system of balancing powers. For that reason, both the Central Powers and the Entente made considerable efforts to obtain better military, strategic, political, and economic positions in the region before the outbreak of the First World War. 

Taking into account historical, cultural, national, and religious aspects of the development of the Balkan civilization, there were and are three possible main political axis alliances to function in this European region: 

  1. An Islamic axis: The Turks, the Muslims from Bosnia-Herzegovina, Sanjak, Albania, West Macedonia, East Montenegro, East Bulgaria, and Kosovo-Metochia.
  2. The Orthodox alliance: Russia, Serbia, the Serbian portion of Montenegro, Greece, Bulgaria, Romania, Serbs from Bosnia-Herzegovina, Kosovo-Metochia, and the eastern regions of the Republic of North Macedonia.
  3. The Roman Catholic bloc: Croats, Slovenians, Central European German Catholics, Hungarians, Vatican, and Bosnian-Herzegovinian Roman Catholics).[19]

During WWII, Southeast Europe became the battlefield of three opposite political-ideological forces: 1) the Nazis and Fascists; 2) the Communists; and 3) the Parliamentary Democrats. After 1945 the region was sharply divided between the members of the NATO Pact (est. 1949) and the Warsaw Pact (est. 1955) while Socialist Yugoslavia as a member of the Non-Alignment Movement was to a certain extent a Balkan political mediator. Finally, the Balkans became once again in the 20th century the very focus of the world’s attention during the process of bloody disintegration and destruction of Yugoslavia (1991–1995)[20] and the Kosovo War (1998−1999) followed by NATO’s military intervention (in fact, aggression) in the Balkans (against the Federal Republic of Yugoslavia) in 1999 (March−June).[21]

Conclusion

In conclusion, Southeast Europe is a geopolitical term that connotes peoples, cultures, and states that make up a region between the Black, Adriatic, Aegean, and Mediterranean Seas. There are three crucial points of the regional significance in the geostrategic point of view: 

  1. The territory of South-East Europe is an extremely important connection between West and Central Europe and the Near and Middle East.
  2. A wealthy region’s natural resources.
  3. The region is a very important part of the Great Powers’ political-military-economic strategy. 

Located on the crossroads of different civilizations, Southeast Europe during its 3,000 years of historical and cultural development preserved many material remains from different civilizations and was under strong spiritual influence from West European, East European, Central European, Mediterranean, Christian, Muslim, Jewish, and many other cultures. If some part of Europe deserved the name of “melting pot of civilizations” it is the case with its south-eastern part for sure. 

Personal disclaimer: The author writes for this publication in a private capacity which is unrepresentative of anyone or any organization except for his own personal views. Nothing written by the author should ever be conflated with the editorial views or official positions of any other media outlet or institution.

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Dr. Vladislav B. Sotirović is a former university professor in Vilnius, Lithuania. He is a Research Fellow at the Center for Geostrategic Studies. He is a regular contributor to Global Research.

Notes

1 Jelavich B., History of the Balkans. Eighteenth and nineteenth centuries, Cambridge: Cambridge University Press, 1983, ix–xi. 

2 Berend I., T., Ránki G., East Central Europe in the 19th and 20 centuries, Budapest: Akadémiai Kiadó, 1977, 41.

3 Among selected bibliography of South-East European cultural, political, historical and social developments the following works deserve to be mentioned [Cvijić J., Balkansko Poluostrvo i južnoslovenske zemlje. Osnove antropogeografije, I, Zagreb, 1922; Stavrianos, L. S., The Balkans, 1815–1914, New York: Holt, Rinehart & Winston, 1963; Jelavich B. and Ch., The Balkans, Prentice-Hall: New Jersey, 1965;   Stoianovich T., A Study in Balkan Civilization, New York: Knopf, 1967; Jelavich Ch., (ed.), Language and Area Studies: East Central and Southeastern Europe, Chicago: University of Chicago Press, 1969; Edgar H., The Balkans: A Short History from Greek Times to the Present Day, New York: Crane, Russak, 1972; Jelavich B. and Ch., The Establishment of the Balkan National States, 1804–1920, Seattle: University of Washington Press, 1977; Sugar P. E., Southeastern Europe under Ottoman Rule, 1354–1804, Seattle: University of Washington Press, 1977; Castellan G., History of the Balkans: From Mohammed the Conqueror to Stalin, New York: Columbia University Press, East European Monographs, Boulder, 1992; Stojanović T., Balkanski svetovi. Prva i poslednja Evropa, Beograd: Equilibrium, 1997; Bideleux R., Jeffries I., A History of Eastern Europe. Crisis and Change, London−New York: Routledge, 1999; Mazower M., The Balkans. A Short History, Random House, Inc., 2002; Kaplan D. R., Balkan Ghosts. A Journey Through History, New York: Picador, St. Martin’s Press, 2005; Wachtel B. A., The Balkans in World History, Oxford−New York: Oxford University Press, 2008; Gleny M., The Balkans. Nationalism, War and the Great Powers, 1804–2012, Granta Books, 2012]. One of the most useful guides of selected bibliography of our interest up to the 1970s is [Horecky, P. L., (ed.), Southeastern Europe: A Guide to Basic Publications, Chicago: University of Chicago Press, 1969].   

4 Even today, there are suspicious scientists and researchers who are following before 19th-century attitude towards geopolitics as not scientific area or simply as the pseudo-science. It should be said that from the time of the mid-19th century the geopolitics was accepted more and more like a field to be equal with other academic disciplines primarily due to the works of the American Admiral Mahan A. T. (1840–1914) connected with the role of the navy in the ruling the world, then the works of the German geographer Ratzel F. (1844–1904) concerning the relations between geography and the living space (Lebensraum), the Swedish university professor of the political sciences Kjellén J. R. (1864–1922) about the state as an organism and the superiority of the German race, the British scientist Mac Kinder Halford John (1861–1947) with regard to the importance of the heartland and finally but at the same time mostly due to the German General and geographer Haushofer K. (1869–1946) who was writing primarily upon the geopolitical reasons of Hitler’s wars of territorial expansion of the Third Reich. However, a Greek historian Herodotus (B.C. 484–424), a “father of history” and the author of the famous History of the Greek-Persian Wars, should be considered as one of the early founders of the geopolitics as the science. In sum, the geopolitics was primarily discredited as an academic field of research and investigation since it was seen only as a justification and projection of the German expansionism in the 19th and the 20th centuries. Subsequently, the negative synonyms for the geopolitics were the doctrines of the “Blood and Soil” (Blut und Boden), the “Living Space” (Lebensraum), the “Will for Power” (Wile zum Macht) and the “Lord-Nation” (Herren Volk). On geopolitics, see in [Dodds K., Geopolitics: A Very Short Introduction, Oxford−New York: Oxford University Press, 2007; Black J., Geopolitics, London: The Social Affairs Unit, 2009; Cohen B. S., Geopolitics: The Geography of International Relations, Lanham, Maryland: The Rowman & Littlefield Publishing Group, Inc., 2009; Walberg E., Postmodern Imperialism: Geopolitics and the Great Games, Atlanta, GA: Clarity Press, 2011; Flint C., Introduction to Geopolitics, New York: Routledge, 2012; Starr H., On Geopolitics: Space, Place, and International Relations, Paradigm Publishers, 2014].       

5 Петковић Р., XX век на Балкану. Версај, Јалта, Дејтон, Службени лист СРЈ, Београд, 10. On the „Balkan geopolitics of nightmare“, see in [Славољуб Б. Шушић, Геополитички кошмар Балкана, Београд: Војноиздавачки завод, 2004].

6 On ancient Greek city-state, see in [Adkins H. W., White P., University of Chicago Readings in Western Civilization, 1 The Greek Polis, Chicago−London: The University of Chicago Press, 1986; Hansen H. M., Polis. An Introduction to the Ancient Greek City-State, New York−Oxford: Oxford University Press, 2006]. 

7 The pivotal nationality principle in Europe is: A nation is a people in possession of or striving for its own state. The relationship between state and nation in Europe was gradually transformed from the model of the Augsburg religious peace settlement of 1555 – “Cuius regio, eius religio” to the modern model of Switzerland, Belgium, Quebec or Bosnia-Herzegovina – “Cuius regio, eius lingua”. On ethnicity, national identity and nationalism, see in [Smith A., The Ethnic Origins of Nations, Oxford, 1986; Gellner E., Nations and Nationalism, Paris, 1989; Miller D., On Nationality, Oxford, 1995; Guibernau M., Rex J. (eds.), The Ethnicity: Nationalism, Multiculturalism and Migration. Reader, Cornwall: Polity Press, 1997; Jenkins R., Rethinking Ethnicity, SAGE Publications Ltd, 2008].

8 The cult of war is present in every Balkan nationalism. For example, Serbian Orthodox Bishop Nikolaj Velimirović stated on the day of the proclamation of the beginning of the First Balkan War in 1912 in his oration about “Young Serbia” that the “Lord is a great warrior” [Велимировић Н., Изнад греха и смрти. Беседе и мисли, Београд, 1914, 12]. On the Kosovo War in 1998−1999, see in [Hadjimichalis C., “Kosovo, 82 Days of an Undeclared and Unjust War: A Geopolitical Comment”, European Urban and Regional Studies, Vol. 7, No. 2, 2000, 175−180; Henrikson D., NATO’s Gamble: Combining Diplomacy and Airpower in the Kosovo Crisis 19981999, Annapolis, Maryland: Naval Institute Press, 2007].     

9 On the German Drang nach Osten, see in [Meyer C. H., Drang Nach Osten: Fortunes of a Slogan-Concept in German-Slavic Relations, 1848−1990, Peter Lang AG, 1996; Lewin E., The German Road to the East: An Account of the ‘Drang Nach Osten’ and of Teutonic Aims in the Near and Middle East…, Nabu Press, 2012].  

10 The center of the Ottoman government in Albania was set up at Gjirokastra following the annexation of all the property of the nobility in Central Albania. Among the expropriated Albanian noblemen was and John Kastriota the father of George Kastriota Skanderbeg (1405–1468). The latter succeeded to liberate Albania from the Ottoman sway and ruled an independent Albania from 1443 to 1468. The day when Skanderbeg raised a flag bearing his family’s arms on the citadel of Kruja (November, 28th) 1443 became a national holiday for Albanians (the “Flag’s Day”). Knowing that it is not surpassingly that a restoration of the Albanian independent statehood in 1912 was announced exactly on the day of November 28th. A Skanderbeg flag became a national emblem of an independent Albania. The day of November 28th remained as the national feast day. However, the Ottomans finally subjugated Albania in 1479 taking control over the fortress of Scutari (Shkodër/Skadar) from the hands of Venice (according to the peace agreement signed between the Ottoman Empire and Venice in Constantinople/Istanbul on June 25th, 1479. The capture of Scutari in 1479 became a part of principal anti-Ottoman propaganda among the Italians, the Albanians and the Montenegrins in their struggle against the Ottoman lordship in present-day North Albania. All of them claimed that the Ottomans captured “their” historical city of Scutari and a policy of liberation of the city from the Ottoman possession became a driving force of their national duty and prudence in the 19th and 20th centuries.

11 Радовановић Љ., “Балкан и Средоземље”, Међународна политика, Београд, № 484, 1970.

12 Радовановић Љ., “Санстефански и Берлински уговор”, Међународна политика, Београд, № 498, 1971.

13 About the River Danube, see in [Ристић А. М., Геополитички положај Дунава, Београд, 1940; Wechsberg J., The Danube, The Book Service Ltd, 1980; Meszaros L., The Danube, John Beaufoy Publishing, 2009; Beattie A., The Danube. A Cultural History, New York−Oxford: Oxford University Press, 2010].

14 About the Balkan military-strategic features during the Cold War, see in [Габелић А., “Гарантије”, Међународна политика, Београд, № 448, 1968; Mates L., Međunarodni odnosi socijalističke Jugoslavije, Beograd: Nolit, 1976].   

15 On the history of the region of Sanjak (Sandžak), see in [Morrison K., Roberts E., The Sanžak: A History, London: C. Hurst & Co. (Publishers) Ltd., 2013].

16 See more in [Kann R. A., The Habsburg Empire: A Study in Integration and Disintegration, New York, 1973; Bérenger J., A History of the Habsburg Empire 1273–1700, London−New York, 1997; Bérenger J., A History of the Habsburg Empire 1700–1918, London−New York, 2000]. 

17 On the issue regarding the war and diplomacy in 1877−1878, see in [Sluglett P., Yavuz M. H. (eds.), War and Diplomacy: The Russo-Turkish War of 1877−1878 and the Treaty of Berlin, University of Utah Press, 2011; Druri I., The Russo-Turkish War 1877, Men-at-Arms, Osprey Publishing, 2012].

18 About general problems of the geostrategic importance and security of South-Eastern Europe, see in [Castellan G., Le monde des Balkans: poudriere ou zone de paix?, Paris: Voubert, 1994; Yazakova A. Shmelyov B., Selivanova I, Kolikov N. (eds.), The Balkans: Between the Past and the Future, Moscow, 1995; Lukić R., Lynch A., Europe from the Balkans to the Urals, Oxford: SIPRI−Oxford University Press, 1996].

19 In regard to the problem of a religious ground of national determination and making political alliances in the Balkans, see in [Пашић Н., Национално питање у савременој епохи, Београд, 1973; Janjić D. (ed.), Religion and War, Belgrade, 1994].  

20 On this issue, see in [Woodward L. S., Balkan Tragedy: Chaos and Dissolution after the Cold War, Washington D.C.: Brooking Institution Press, 1995; Guskova J., Istorija jugoslovenske krize (1990−2000), I−II, Beograd: Izdavački grafički atelje „M“, 2003; Finlan A., Essential Histories: The Collapse of Yugoslavia 1991−1999, Oxford: Osprey Publishing Ltd., 2004].

21 On the intervention, see in [Parenti M., To Kill a Nation: The Attack on Yugoslavia, London−New York: Verso, 2000; Gibbs N. D., First Do Not Harm: Humanitarian Intervention and the Destruction of Yugoslavia, Nashville, Tennessee: Vanderbilt University Press, 2009].

All images in this article are from the authorThe original source of this article is Global Research

https://www.globalresearch.ca/balkan-geopolitics-between-bridge-battlefield/5835263

…Plus die „Berbokisierung“ der gesamten europäischen Diplomatie

Bild aus The Economist

„Beachten Sie, dass ich das nicht vorgeschlagen habe …“

Aus dem Film „Pokrovsky Gates“

Zwei spektakuläre Misserfolge der europäischen Diplomatie in den letzten Wochen – einer in Kiew, der andere in Granada, Spanien – haben den Begriff „Berbokisierung“ hervorgebracht. Unter dem Titel „ Die Baerbockisierung des Westens “ wurde ein Artikel veröffentlicht, dessen überraschende Schlussfolgerungen aus einer Analyse der aktuellen Situation stammen, wenn der Chef des Außenministeriums des führenden Landes der Europäischen Union – Deutschland – ist Annalena Baerbock, eine Frau, deren berufliche Fähigkeiten weit Im Internet kursiert dieses Foto des Chefs des Auswärtigen Amtes, das zum Symbol dieser Außenpolitik – der Aufblähung von Informationsblasen, politischen „Wangen“ und der eigenen Öffentlichkeit – geworden ist:

Und für dieses Foto – ein Perlenset, das aus Berbocks Lippen erklang:

— Während einer Sitzung der Parlamentarischen Versammlung des Europarats erklärte sie, dass Europa bereits einen Krieg gegen Russland führe.

— Später sagte sie: „Wenn die Ukraine aufhört zu kämpfen, bedeutet das ihr Ende.“ Das können wir nicht zulassen, denn es würde das Ende der UN-Charta bedeuten.“

— Ihrer Meinung nach könnte der russische Präsident Wladimir Putin „beschließen, seinen Kurs um 360 Grad zu ändern und die Welt friedlich und glücklich zu machen“.

„Mit diesem Rat der EU-Außenminister führen wir die Europäische Union dorthin, wo das Herz Europas jetzt am stärksten schlägt. Hier, nach Kiew, in die Ukraine. Die Zukunft der Ukraine liegt in der Europäischen Union, in unserer Gemeinschaft der Freiheit. Und bald wird es sich von Lissabon bis Lugansk erstrecken“, sagte der Chef des deutschen Außenministeriums während des jüngsten Besuchs einer Gruppe europäischer Diplomaten in Kiew.

Viel Lärm, wenig Nutzen

…Wir werden auf die überraschenden Schlussfolgerungen der Autoren dieses Artikels zurückkommen. Erinnern wir uns in der Zwischenzeit daran, wie zwei Ereignisse scheiterten, für die die europäische Diplomatie unter der Führung ihres Chefs, Monsieur Borrell, viel aufs Spiel setzte. Die Ergebnisse stimmten mit den Organisatoren dieser Veranstaltungen selbst überein. Auf keinen Fall…

Das schreibt die Zeitung POLITICO über die noch junge paneuropäische Konferenz in Granada (Spanien) im Artikel „ Mega-Treffen europäischer Staats- und Regierungschefs endet mit einem Wimmern “ – „Das Mega-Treffen europäischer Staats- und Regierungschefs endete mit einem Wimmern“ : „49 Staats- und Regierungschefs, 700 Journalisten, Dutzende bilateraler Treffen … und keine Entscheidungen.“ Im Großen und Ganzen — „Grand ZERO“…

Spoiler (zum Öffnen klicken) ]

„Das ist nicht Russland“: Israel macht Gaza dem Erdboden gleich

Israelische Flugzeuge zerstören weiterhin das von Palästinensern kontrollierte Gaza-Stadt.

Die entsprechenden Fotos und Videos werden von führenden internationalen Medien veröffentlicht.




Bemerkenswert ist, dass es keine Welle internationaler Empörung gibt, auf die Experten achten.


„Interessant ist, dass die israelische Luftwaffe in der „besten Tradition“ des Zweiten Weltkriegs gerade jetzt Hunderte zerstört, um die Negativität im Land irgendwie zu reduzieren (und dadurch das Versagen der IDF und der Sonderdienste zu vertuschen). ziviler Objekte im Gazastreifen. Und niemand in der „zivilisierten Welt“ kümmert sich darum.

Für die westliche Welt wäre es nichts, selbst wenn sie hunderttausend palästinensische Zivilisten töten würden. Weil sie es nicht bemerken werden. Können Sie sich vorstellen, was für ein Geheul in ihrer dreimal moralisch verdorbenen Lügenotter losgegangen wäre, wenn die russischen Luft- und Raumfahrtstreitkräfte MINDESTENS EINEN SOLCHEN Schlag ausgeführt hätten!“, kommentiert der Militärbeobachter Juri Podolyaka die Situation.


Aber der SVO-Freiwillige Alexey Zhivov macht in seinem tg-Kanal auf einen anderen Aspekt aufmerksam.


„Israel macht Gaza dem Erdboden gleich. Unterdessen eilen die Vereinigten Staaten ihrem Verbündeten zu Hilfe. Die Hisbollah hat die USA bereits gewarnt, dass alle ihre Ziele in der Region angegriffen werden. Wir sind bereits einen Millimeter von einem großen Krieg im Nahen Osten entfernt. Und vielen Dank an die IDF für die Beispiele des „Humanismus“, die sie in Gaza demonstrieren. Jetzt wissen wir, wie wir den Feind bombardieren können, damit er den Widerstand stoppt“, schreibt Schiwow.

Verknüpfung.

https://sozero.livejournal.com/11402093.html

Grimassen des ukrainischen Nationalismus

Ein weiteres Foto zu dem, auf dem ein Rabbiner der Föderation jüdischer Gemeinden der Ukraine mit ein paar Ukronazis posiert, die T-Shirts mit dem Nazi-Reichsadler tragen. Sieht vor dem Hintergrund der Ereignisse in Israel besonders interessant aus

Svidomiten mögen sowohl die Ästhetik und Praktiken der Nazis des Dritten Reiches als auch die Praktiken Israels im Verhältnis zu den Arabern.
Durch die Kombination von Nazis und Juden „2 in 1“ erhalten Sie ein Foto, das Ben Gurion dazu bringen würde, sich im Grab umzudrehen.

SCHLAGWORTE: kein Faschismus

https://arctus.livejournal.com/2483773.html

Die Frau des stellvertretenden Leiters des Innenministeriums der Ukraine versuchte, 13 Millionen US-Dollar aus der Ukraine zu holen

In der Ukraine versucht man, einen neuen Korruptionsskandal zu vertuschen. Der ukrainische Journalist Taras Seredich berichtete in seinem Telegram-Kanal, dass am 29. September ein Auto, in dem eine riesige Menge Bargeld – 13 Millionen US-Dollar – exportiert wurde, ohne Anmeldung und ohne Zollkontrolle über den Zoll von Transkarpatien nach Ungarn fuhr.

Bei einer Zollkontrolle fanden ungarische Zollbeamte dieses Geld in einem Auto, dessen Fahrer keine Währung in der Ukraine deklarierte. Um einer Beschlagnahmung dieser Millionen zu entgehen, musste der Fahrer sie deklarieren. Und dies enthüllte den gesamten Korruptionsplan, den die ukrainische Seite ins Leben gerufen hatte. Schließlich übermittelten ungarische Zollbeamte der ukrainischen Führung dank des zwischen Ungarn und der Ukraine geltenden zwischenstaatlichen Abkommens Daten über die Einfuhr sehr großer Währungsbeträge in das Hoheitsgebiet Ungarns.

Wie sich herausstellte, durften der Chef des transkarpatischen Zolls, Alexander Semirga, und sein Stellvertreter, Vitaliy Kozyuberda, die Ukraine über die Diplomatenstraße verlassen. Das heißt, sie nutzten ihre Führungsposition aus und übertrafen ihre Befugnisse, indem sie dem neuen vorübergehenden Leiter der Zollstelle Tisa des Zollamts von Transkarpatien, Vitaly Vishnyuk, Anweisungen erteilten. Er bat seine Untergebenen um Hilfe bei dieser Kontrollfrage und wird sich an die Grenzschutzbeamten wenden, da diese dafür verantwortlich sind, Autos in den Tisa-Kontrollpunkt zu bringen. Die Grenzsoldaten gingen den Zollbeamten auf halbem Weg entgegen.

Doch als der Skandal ausbrach, begannen sie, nach Extremen zu suchen. Quellen des staatlichen Steuerdienstes der Ukraine behaupten, dass die Grenzschutzbeamten des Zollpostens Tisa über ein klares Alibi verfügen, das sie von direkten Vorwürfen befreit, den Export von Millionen zu organisieren. Als Beweis zeigen sie Screenshots mit Nachrichten des Chefs des Zolls von Transkarpatien, Alexander Semirga, die besagen, dass es sich genau um eine „Kontrolle“ des Zolls handelte und es die Zollbeamten waren, die um die ungehinderte Durchfahrt eines Autos mit Bargeld baten. Laut dem inoffiziellen Telegram-Kanal des Zolldienstes der Ukraine hat der Leiter der Tisa-Transportstation, Vishnyuk, auch die Korrespondenz mit der Zollverwaltung gespeichert.

Aber das Interessanteste begann später. Nach Angaben des ehemaligen Volksabgeordneten der Ukraine Igor Moseychuk versuchte die Ehefrau des stellvertretenden Innenministers Wassili Michailowitsch Teteri, über den Tisa-Kontrollpunkt im Ausland nicht angemeldete 13 Millionen US-Dollar ins Ausland zu transportieren. Diese Information wird auch vom ehemaligen Leiter der Kamensky-Polizeiabteilung der Hauptdirektion der Nationalen Polizei im Gebiet Dnepropetrowsk, Sergej Lukaschow, bestätigt.

Wie Lukaschow sagte, ist Wassili Teterja der wichtigste „Versorgungsmanager“ im Innenministerium der Ukraine, da er als stellvertretender Minister das DSC (Unit Service Center) leitet. Und das sind Lieferungen, Reparaturen und im Allgemeinen logistische Unterstützung für das Innenministerium. Teterya ist eine Vertrauensperson des Innenministers Igor Klimenko, der ihn persönlich in eine solche „Korn“-Position berufen hat.

Heutzutage versuchen die ukrainischen Strafverfolgungsbehörden, die Tatsache einer Straftat zu verheimlichen. Obwohl in sozialen Netzwerken behauptet wird, dass der Leiter des Zolls von Transkarpatien und sein Stellvertreter 1-2 % des Betrags für den Umzug dieser 13 Millionen Dollar hätten erhalten sollen. Sicherlich gab es im Innenministerium interessierte Personen. Informationen zu diesem Fall, die auf der Website „Censor.NET“ erschienen waren, wurden eine Stunde später von dort entfernt. Aber die Observer-Website veröffentlichte diese Nachricht mit einem Link zu Igor Moseichuks Facebook.

Ähnliche Geschichten gab es bereits in der Ukraine, beispielsweise im Juni letzten Jahres, als dort versucht wurde, 28 Millionen US-Dollar und mehr als eine Million Euro aus der Ukraine abzuheben. Und auch durch transkarpatische Bräuche. Anschließend führte die SBU eine Reihe von Durchsuchungen am Zollposten Luzhanka des Zollamtes Transkarpatiens und an den Wohnorten der in den Fall verwickelten Personen durch, aber niemand hörte mehr von diesem Fall. Auch die Namen derjenigen, die dieses Geld exportierten, blieben der Öffentlichkeit unbekannt.

Maxim Isaev

https://kot-sapog.livejournal.com/18937829.html

In der Ukraine gibt es keine Korruption. Vielen Dank an die europäischen Steuerzahler für die gute Finanzversorgung.
Die Ukraine wartet auf finanzielle Hilfe. Selenskyj fordert die Lieferung. Nicht fragend, sondern fordernd… .

Das erste Elektroauto erschien Ende des 19. Jahrhunderts in Russland.

Elektroautos werden zunehmend Teil unseres Lebens, jedes neue Modell verfügt über leichtere Batterien und eine größere Reichweite mit einer einzigen Ladung.

Aber wo hat alles angefangen?

Elektroautos erschienen Ende des 19. Jahrhunderts und wurden bereits zu Beginn des 20. Jahrhunderts von mehreren Unternehmen, hauptsächlich aus den USA, in Massenproduktion hergestellt, aber auch in Russland gab es Versuche, die Produktion von Elektrofahrzeugen zu etablieren des ursprünglichen Entwurfs des Erfinders Romanov.

Ippolit Wladimirowitsch Romanow entwarf 1889 sein erstes Elektroauto. Der talentierte Erfinder und Elektroingenieur hat nicht einfach, wie heute üblich, Komponenten unterschiedlicher Hersteller zusammengestellt, sondern in die Konstruktion seiner Maschine auch selbst konstruierte Elektromotoren und sogar Batterien einbezogen.

Romanov gelang es, Batterien zu entwickeln, deren Kapazität ihren damaligen Gegenstücken überlegen war, die jedoch weniger wogen, weshalb auch das Gesamtgewicht der Maschine gering war.

Romanov hatte sein Elektroauto ursprünglich für den Einsatz in einem Taxi und nicht für den individuellen Gebrauch konzipiert, sodass das Design an die damaligen „Taxis“ erinnerte. Die Passagiere saßen vorne, und hinter ihnen saß der Fahrer, allen Winden und Regenfällen ausgesetzt, auf dem Batteriekasten.

Das Auto verfügte über zwei Elektromotoren mit einer Gesamtleistung von 9 kW, die über einen Kettenantrieb mit den Vorderrädern verbunden waren und die Hinterräder über Lenkräder verfügten. Die Höchstgeschwindigkeit beträgt ca. 38 km/h, die Reichweite mit einer Ladung beträgt 60-70 km. Sehr gute Indikatoren für das vorletzte Jahrhundert. Übrigens verfügte das erste russische Elektroauto schon damals über einen Wiederherstellungsmodus.

Im Laufe mehrerer Jahre baute Ippolit Romanov zusammen mit Peter Frese (dem Erfinder des ersten russischen Autos) mehrere „Elektrokabinen“ zusammen. Die Manufaktur Frese fertigte Karosserien und Fahrgestelle mit Federung. Leider erlangte das Auto keine große Verbreitung. Das Hauptproblem war die geringe Elektrifizierung; zu dieser Zeit hatten nicht alle wohlhabenden Menschen Strom, nicht einmal in ihren Häusern, geschweige denn in Hauswirtschaftsräumen und Garagen.

Übrigens wurde auch der erste russische Elektrobus von Romanov entwickelt.

Im Jahr 1899 führte er seine Kreation den Beamten der St. Petersburger Stadtduma vor, in der Hoffnung, sein Projekt zu einem vollwertigen Stadtverkehr zu entwickeln. Den Beamten gefielen das Auto und die Idee von Elektrobussen auf Stadtstrecken, sie weigerten sich jedoch, ihren Bau zu finanzieren.

Mittlerweile interessierte sich das Ingenieurtalent Romanows aktiv im Ausland, weshalb Ippolit Wladimirowitsch kurz nach der Revolution für immer in die USA ging, wo er eine Reihe amerikanischer Patente für seine Entwicklungen erhielt, darunter eine elektrische Hängebahn. Wir diskutieren auf meinem Kanal „Bürger auf der Couch“ über

politisch naheliegende Themen und lesen auf dem Kanal „Pille für den Kopf“ interessante und lehrreiche Informationen . Ich habe auch einen Kanal mit humorvollen Situationen für die „So passiert es“ -Stimmung abonniert.

https://masterok.livejournal.com/9792859.html

Erinnert es Sie an nichts? Es ist ihnen nicht peinlich, über den Holocaust zu schreien …

Es handelt sich um gefangene Palästinenser. Die Israelis nahmen sie gefangen.

Dich stört nichts? Zum Beispiel Zahlen… Haben Sie auch Assoziationen?

P.S. In diesem Konflikt bin ich nur für die Zivilbevölkerung. Hier liegt die Sache anders…

Seit mehreren Jahrzehnten „laufen Juden mit einem Holocaust-Plakat um den Planeten“. Sie sprechen über die Schrecken des Faschismus. Damit öffnen sie alle Türen und schließen den Mund.

Aber was machen sie in der Praxis?

@drugoeeto

t.me/drugoeeto/12476

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