Depuis plusieurs années, les européens ne ménagent pas leurs efforts pour tenter de donner vie à une industrie de défense européenne rationalisée, avec pour objectif, à terme, d’accroître l’autonomie stratégique du vieux continent.
C’est ainsi que plusieurs initiatives ont été lancées, notamment au niveau de l’Union Européenne comme la Coopération Permanente Structurée ou PESCO et le Fonds Européens de Défense, visant à donner un cadre de coopération et un accès à des crédits à des programmes de défense, qu’ils soient industriels ou opérationnels, réalisés par des pays européens.
D’autres initiatives, comme le programme d’avion de combat SCAF, le char de combat de nouvelle génération MGCS, le drone de combat RPAS Euromale ou les frégates FREMM, ont été lancés au travers d’accords nationaux, parfois dans le cadre de l’OCCAR (Organisation Conjointe de Coopération en matière d’Armement).
Il faut dire que le constat fait par les autorités européennes il y quelques années avait de quoi intriguer. Ainsi, si les Etats-Unis mettaient en oeuvre, en 2019, 2.779 avions de combat appartenant à 11 modèles différents, tous produits sur le sol américain, les membres de l’Union, de leurs cotés, n’en mettaient en oeuvre que 1.700, mais de 19 modèles différents, dont plus de la moitié avait été importée.
Cette situation est loin de ne concerner que les avions de combat, étant strictement identique dans le domaine des blindés, des systèmes anti-aériens, des navires de combat ou encore des hélicoptères, même si dans plusieurs de ces catégories, la part des équipements européens s’avère supérieure.
Les armées européennes mettent en œuvre deux fois plus de modèles d’avions de combat que les armées US, pourtant 50% plus imposantes.
Face à de tels chiffres, il semblait évident qu’il était nécessaire de rationaliser non seulement les programmes d’équipements des armées européennes, de sorte à en améliorer l’interopérabilité mais également de réduire les coûts et améliorer la maintenabilité et l’évolutivité des flottes, et ainsi éviter d’inventer plusieurs fois la même roue.
A titre d’exemple, aujourd’hui, 4 industriels européens (TKMS, Kockums, Navantia et Naval Group) conçoivent des sous-marins à propulsion conventuelle ou AIP, alors que 6 grands bureaux d’étude navals (les 4 précédemment cités ainsi que Damen et Fincantieri) conçoivent des frégates, destroyers et grands navires de combat de surface.
Les dépenses répliquées de R&D sont évidentes, et pourraient de fait être économisées au profit de plus de matériels pour les armées, et de moins de dépenses pour les gouvernements souvent exposés à d’importants déficits publics.
De fait, et de manière prévisible, les institutions européennes, mais également les dirigeants des pays les plus enclins à soutenir cette lecture de la situation comme la France ou l’Allemagne, entreprirent de « corriger le tir », en lançant des programmes conjoints, dans le cadre des institutions européennes ou de manière multilatérale.
Quelques années plus tard, force est de constater que le chemin emprunté s’est, de toute évidence, révélé bien plus chaotique qu’anticipé, alors que de nombreux programmes franco-allemands comme MAWS, CIFS et Tigre III, ont connu un funeste destin, que les programmes SCAF et MGCS ne manquent pas de tensions et de difficultés, et que les programmes européens font souvent de même, surtout lorsqu’ils portent sur des capacités dimensionnantes, comme dans le cadre de la défense anti-missile.
Toutefois, de récentes déclarations outre-atlantiques pourraient apporter certains éclaircissements sur les conséquences de cette stratégie européenne qui se rapproche de celle mise en œuvre aux Etats-Unis il y a maintenant 3 décennies.
La base industrielle et technologique de défense européenne demeure un aggloméré de BITD nationales, qui se livrent souvent une compétition féroce à l’international
En effet, aujourd’hui, les grandes entreprises de défense américaines, et notamment le Top 5 constitué de Lockheed-Martin, Boeing, Raytheon, Northrop-Grumman et General Dynamics, ont atteint une telle puissance économique, sociale et politique, qu’il est impossible au Pentagone de contrôler la hausse des couts des équipements, par manque de compétition.
A titre d’exemple, le missile sol-air à très courte portée Stinger coûtait 25.000 $ au début des années 90, contre 400.000 $ aujourd’hui, soit 7 fois plus cher une fois prises en compte l’inflation et les évolutions technologiques.
Or, cette situation est la conséquence, selon Shay Assad, de décisions prisent en 1993 par le gouvernement américain, pour précisément rationaliser la BITD américaine en faisant fusionner les quelques 50 groupes industriels qui se livraient depuis des décennies une féroce compétition à chaque appel d’offre du Pentagone, dans 5 grands groupes aux prérogatives exclusives dans le pays.
En procédant ainsi, le gouvernement US voulait précisément réduire les coûts mais également renforcer la puissance de son offre industrielle internationale, avec des ambitions au final très proches de celles visées par les initiatives européennes.
Rappelons qu’à cette époque, à titre d’exemple, un porte-avions américain mettait en œuvre un groupe aérien embarqué composé de 9 à 11 différents types d’appareils, contre 6 aujourd’hui.
Si aujourd’hui l’offre industrielle américaine est effectivement sensiblement plus rationalisée, elle a également connu une hausse des coûts sans précédent, dans tous les domaines, précisément du fait des positions hégémoniques de ces grands groupes qui aujourd’hui se traduit même au niveau contractuel, comme pour le F-35.
les Stinger envoyés en Ukraine par les Etats-Unis avaient coûtés 25.000 $ à l’US Army au début des années 90. Ils sont remplacés par des Stinger achetés aujourd’hui 400.000$ auprès de Raytheon.
Selon Shay Assad, le fait de disposer d’une offre concurrentielle et non centralisée permet précisément d’éviter la création de potentats industriels en situation hégémoniques dans le domaine des équipements de défense, qui au final s’avère bien plus bénéfique aux armées et à leur capacités d’équipement.
Ceci va à l’opposé du postulat de départ de la position européenne. Toutefois, en multipliant les acquisitions en petite série, de sorte à alimenter efficacement le fonctionnement et la pérennité de l’écosystème défense américain, il faudrait s’attendre à ce que les coûts de possession des équipements croissent considérablement, ceci venant menacer les bénéfice concurrentiels attendus.
Selon lui, les paradigmes actuels basés sur la conception d’appareils à la fois très polyvalents, très évolutifs et destinés à rester en service pendant plusieurs décennies, entraînent des surcoûts de conception, de fabrication et de possession dépassant largement les bénéfices attendus, qu’ils résultent d’une production en grande série, de la polyvalence poussée à l’extrême ou du maintien en service des appareils sur 30 ou 40 ans, voire au delà.
A l’inverse, selon ce modèle, la production de séries réduites d’appareils spécialisés, de l’ordre de 200 ou 300 unités, destinées à ne rester en service que 15 à 20 ans, permettrait d’en simplifier considérablement le cahier des charges et d’en réduire les coûts, délais et risques technologiques, tout en stimulant une réorganisation de la BITD pour une concurrence saine et efficace entre les industriels.
Le docteur Will Roper a démontré que les paradigmes industriels modernes en matière de construction aéronautique militaire étaient erronés
Pour autant, ses travaux ouvrent des perspectives qui pourraient, dans le cas européens, profondément bouleverser les paradigmes et objectifs des politiques inclusives actuellement suivies, qui aujourd’hui sont à l’origine de nombreuses tensions et difficultés, que ce soit pour les industriels comme pour les militaires, et parfois même pour les gouvernants, même s’ils s’en défendent.
Ainsi, les tensions qui ont failli, l’année dernière, faire dérailler le programme de chasseur de nouvelle génération rassemblant la France, l’Allemagne et l’Espagne, trouvent précisément leur origine dans cet effort de rationalisation industriel, qui n’est pas du tout du goût de Dassault Aviation, l’une des rares entreprises de défense pleinement indépendante en France.
En effet, l’objectif évident visé par Paris, Berlin et Madrid, ici, est de créer une interdépendance stratégique dans le domaine industriel entre ces trois pays, précisément en privant chacun d’eux des ressources nécessaires pour maintenir pleinement les compétences acquises après plusieurs décennies d’efforts, de recherche et d’investissements.
Dassault Aviation entend bien garder son indépendance et son savoir faire industriel dans la BITD recomposée imaginée par les dirigeants européens.
Et pour cause : dans le cas d’une concentration industrielle franco-allemande voire européenne dans ce domaine, Dassault devrait probablement à terme se laisser absorber par Airbus, ce qui est loin de correspondre aux objectifs des actionnaires de l’entreprise française.
Et l’on peut penser que la co-entreprise KNDS résultant d’un rapprochement entre l’allemand Krauss-Maffei Wegmann et le français Nexter, résulte du même calcul, avec à terme, un effacement des entreprises nationales au profit d’un groupe supranational.
On notera que cette approche n’est pas nécessairement négative du point de vue industriel, comme le montre le cas de MBDA. Pour autant, rien ne démontre que cette approche soit au bénéfice final des Armées et de leurs capacités à s’équiper efficacement et au meilleur prix, bien au contraire si l’on s’en réfère à l’exemple outre-atlantique.
Quoiqu’il en soit, les déclarations faites par Shay Assad et corroborées par les difficultés et surcoûts auxquels font face les armées US aujourd’hui dans leurs rapports avec la BITD américaine, devraient inviter les autorités européennes à aborder la stratégie actuellement suivie avec un nouveau regard, alors que les travaux de Will Roper peuvent, quant à eux, apporter de nouvelles perspectives quant aux paradigmes industriels employés.
On peut d’ailleurs se demander si, au delà des stratégies supranationales et pluriannuelles difficiles à contrôler et basées avant tout sur une vision dogmatique du sujet, l’émergence d’une réelle autonomie stratégique et industrielle de défense au niveau européen, n’interviendra pas, avant tout, lorsque l’Allemagne acceptera d’acquérir des équipements développés par la BITD française, et vice-versa ?
Car au final, en dépit des annonces et des milliards investis, ni Paris ni Berlin ne semblent prêts à franchir ce Rubicon, laissant de fait à Rome (en l’occurence Washington) toute latitude pour contrôler la stratégie européenne …
Par les généraux (2s) Daniel SCHAEFFER, Asie21, Ancien attaché de défense en Thaïlande, Vietnam et Chine, et Grégoire DIAMANTIDIS, membre du Centre de réflexion interarmées (CRI)
Préface de Dominique Delawarde: A la veille de la réunion de l’OTAN de Vilnius, (ce texte) un plaidoyer pour que la France ne cède pas à la politique des États-Unis qui vise à impliquer l’OTAN, en tant que telle, dans la zone Indo-Pacifique face à la menace chinoise. Sans méconnaître cette dernière et la défense de nos intérêts qu’elle implique dans la zone , en particulier concernant la libre circulation maritime, la France ne doit pas accepter que l’OTAN se substitue à l’ONU, accentuant de fait cette opposition dramatique et dangereuse pour la sécurité du monde entre un occident jugé arrogant et le reste de la planète. Il a fait l’objet d’une large diffusion vers les responsables politiques. Pour ma part, je pense que ce concept OTAN 2030 visant à élargir sans cesse le rôle de l’Organisation et à lui donner un rôle qu’il n’a jamais eu dans l’histoire, en sortant, au seul profit des USA, des termes d’un traité applicable exclusivement à l’Atlantique Nord, est évidemment porteur de nouvelles conflictualités dont les USA, créateurs de chaos et imaginant clairement se substituer à l’ONU, ont le secret. La bonne nouvelle, c’est que l’inéluctable défaite des otano-kiéviens en Ukraine, risque fort d’affaiblir, voire de faire éclater l’OTAN. Dans les nouveaux équilibres géopolitiques et géo-économiques mondiaux qui émergeront du chaos ukrainien, ce concept OTAN 2030 a de fortes chances de ne jamais voir le jour, en tout cas dans la forme qui nous est présentée dans ce texte. A chacun de se forger son opinion, bien sûr. Dominique Delawarde
La préparation de l’entrée de l’OTAN en Indo-Pacifique, objet de beaucoup de pressions aujourd’hui pour que cela se produise, a commencé il y a maintenant près de vingt ans par des rencontres, des échanges, avec quatre pays : l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, le Japon. Au niveau opérationnel, les quatre ont participé, en partenariat avec l’OTAN, aux tentatives de stabilisation, échouée, de l’Afghanistan. Cela a conduit à la familiarisation des rapports entre l’Organisation et ces quatre Etats, devenus les quatre partenaires (« Asia partners 4 » / AP4). A partir de là il devenait plus facile de proposer un renforcement de ces relations au travers de l’adoption d’accords bilatéraux de partenariats tels que le propose l’OTAN qui, à cette fin, déploie une large gamme de programmes, de degrés divers, soit qui se juxtaposent, soit qui s’imbriquent, soit qui se déclinent les uns des autres et qui ne cessent de s’enrichir. Ce sont les outils de partenariat.
L’OTAN A DEJA UN PIED EN INDO-PACIFIQUE Ainsi, depuis 2012, les relations OTAN – AP4 se renforcent avec chacun des quatre, bilatéralement, au travers des « programmes personnalisés de partenariat et de coopération » (Individual Partnership Cooperation Programme / IPCP), qui sont en cours d’évolution vers leur nouveau format de « programmes personnalisés taillés sur mesure de partenariat » (Individual Tailored Partnership Programme / ITPP), plus précis1.
Les IPCP Dans une gamme de trois outils présentés de partenariat, l’IPCP vient en tête. Il est le moins exigeant sur le plan de la coopération même si, lors de la signature qui entérine un accord, les engagements pris sont clairement définis. Ceux-ci ne sont cependant pas imposés par l’OTAN puisque ce sont les partenaires eux-mêmes qui exercent leurs choix en indiquant les secteurs spécifiques dans lesquels ils veulent coopérer, choix opérés à partir d’un menu de 1 400 propositions de formation. Mais d’une manière générale, comme l’indique le site d’information de l’Organisation, les initiatives ouvertes permettent aux partenaires « de coopérer avec l’OTAN, principalement dans les domaines de l’interopérabilité, du renforcement des capacités, et des réformes des secteurs de la défense et de la sécurité ». En dehors de toutes autres considérations telles que les échanges, les dialogues, les visites, les participations à des réunions, le fond de la question reste bien celui de préparer les partenaires à leur contribution opérationnelle à des actions militaires quelles qu’elles soient : secours humanitaires, sécurité en mer, gestion de crises, exercices, interventions armées, autres.
Les engagements australiens et néo-zélandais Dans ce cadre, les plus impliqués des AP4 sont pour l’instant la Nouvelle-Zélande, qui est entrée dans son premier IPCP le 4 juin 20122, et l’Australie qui a signé le sien le 21 février 2013 et l’a renouvelé le 19 août 2019. Par ce renouvellement Canberra entérine un passé historique relationnel fort avec l’OTAN, fondé sur ses engagements antérieurs en Afghanistan (2005 – 2014) et en Irak entre 2003 et 2009 et depuis octobre 2018 dans le cadre de la mission OTAN en Irak (NATO mission in Iraq / NMI). De surcroît son passé opérationnel avec l’Alliance en Afghanistan lui vaut, en 2014, à l’occasion du sommet de Glasgow, d’être cooptée en tant qu’« opportunité partenariale augmentée » (Enhanced opportunities partner /EOP), un statut obtenu dans le cadre d’un volet de coopération parallèle à celui des IPCP, l’initiative d’interopérabilité partenariale (Partnership interoperabily initiative / PII), justement adoptée en 2014. L’accent porté sur une telle initiative y est franchement opérationnel militaire puisque son objectif est de ne pas laisser perdre des savoir-faire acquis antérieurement lors d’opérations communes et, sur de telles bases, ouvrir aux « partenaires la possibilité de contribuer à la gestion de crises futures, notamment dans le cadre d’opérations dirigées par l’OTAN, et le cas échéant à la Force de réaction de l’OTAN ». Avant cela cependant un tel engagement opérationnel est déjà acté lorsque Canberra adhère à l’IPCP en 2013 puisque dans le point 1.3.5 des secteurs choisis de coopération, l’accord porte sur « l’accroissement de l’interopérabilité et la participation dans des exercices et des opérations de l’OTAN ». En revanche, du côté de la Nouvelle-Zélande, le caractère opérationnel de l’IPCP adopté se limite à l’interopérabilité dans les opérations logistiques. Dans un avenir proche cependant l’engagement sera accentué pour les deux Etats lorsque leurs IPCP muteront en ITPP, au travers desquels seront « traitées des questions de sécurité transversales d’intérêt mondial (y compris la sécurité maritime, les nouvelles technologies, le cyberespace, l’impact du changement climatique sur la sécurité et la résilience) par le biais de consultations politiques et militaires sur mesure, d’entraînements et d’exercices conjoints et d’une coopération dans le cadre d’opérations et de missions dirigées par l’OTAN ».
Les engagements japonais et sud-coréens Quant à la Corée du Sud et au Japon, dont les premiers IPCP en date ont été respectivement signés les 20 septembre 2012 et 6 mai 2014, ils restent quelque peu en arrière de la main. Celui du Japon, comme l’indique celui renouvelé le 31 mai 2018, se limite aux questions de sécurité générale comme la cyberdéfense, la sécurité maritime, l’aide humanitaire, le dialogue et les échanges. Aucune information n’indique quand il va muter vers un ITPP mais les discussions à ce propos sont en cours. Pour la Corée du Sud la position est approximativement la même et l’évolution, annoncée le 16 février 2023, vers un ITPP portera sur un renforcement de la cyber défense, sur les nouvelles technologies, les changements climatiques et l’industrie de défense. Les deux Asiatiques se montrent donc très prudents, même si par ailleurs le Japon clame haut et fort qu’il a besoin du parapluie « otanien ». Sur l’air de « armons-nous et partez » en quelque sorte ! La relation OTAN-AP4 instaurée dans le cadre des IPCP va ensuite être inscrite dans le marbre du programme OTAN 2030, formellement approuvé en juin 2021 lors du sommet de Bruxelles.
OTAN 2030 : l’affichage d’une intention accrue vers l’Indo-Pacifique Il y est écrit que « l’OTAN devrait approfondir les consultations et la coopération avec » ces quatre capitales dans le cadre de «la configuration OTAN+4 existante ou le conseil de Partenariat OTAN- Pacifique » 3 . Ainsi, en renforçant leurs liens avec l’OTAN, les quatre vont devenir les points d’ancrage d’une réelle entrée de l’Organisation en Indo-Pacifique avec objectif premier de contrer sur zone la menace potentielle chinoise ainsi dénoncée dans le document. Si la menace croissante de la Chine est une réalité qui est loin d’être fausse, à cause des progrès imposants de son économie, à cause de son comportement conquérant de par le monde, et à cause de sa montée en puissance militaire, elle représente surtout un danger pour ses voisins immédiats en raison de ses prétentions territoriales illégitimes4. Mais si, comme il est dit, elle représente une « menace systémique » mondiale, elle ne représente pas une menace militaire pour l’Europe puisqu’il n’existe pas de réels contentieux entre les deux extrêmes de l’île continentale. Que la Chine vienne un jour brandir une menace militaire sur le théâtre atlantique les dispositions du traité de Washington pourraient effectivement jouer puisque cela s’appliquerait dans la zone de couverture de l’accord. Mais que le programme 2030 laisse supposer qu’il faille pouvoir intervenir contre la Chine en Indo- Pacifique il est manifeste qu’il s’agirait là de répondre d’abord aux seuls soucis des Etats-Unis et de leurs alliés, les voisins immédiats de la Chine que sont le Japon, la Corée du Sud, les Philippines, entraînés seraient-ils dans la tourmente d’une attaque armée communiste contre la Chine démocratique. Mais en tout état de cause il n’est en aucun cas dans la vocation de l’OTAN de s’ériger en coalition contre la Chine en Indo-Pacifique même en cas d’agression militaire de Pékin contre Taipei.
L’OTAN DOIT-IL VENIR AU SECOURS DU SOLDAT TAÏWAN PRIS DANS LE PIEGE SINO-AMERICAIN ?
Les risques de dévoiement de l’article 5 Dans le cas de figure extrême envisagé, de par les normes communes adoptées dans le traité de Washington, il ne peut pas s’appliquer à l’Indo-Pacifique, d’abord parce que ce n’est pas sa zone de couverture, tel que le spécifie l’article 5 : « les Parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les Parties et, en conséquence, elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la Partie ou les Parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres Parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord ». Il ne peut pas non plus s’appliquer à l’Indo-Pacifique parce que les quatre partenaires marqués ne sont pas membres de l’Alliance. Voici donc deux considérations qui interdisent à priori à l’OTAN d’intervenir aux côtés des Etats-Unis dans le cadre d’une attaque chinoise contre Taïwan ou russo-chinoise contre le Japon ou nord-coréenne contre son voisin du sud. Cela dit, cela empêcherait-il l’OTAN d’intervenir, comme il l’a déjà fait au cours des deux décennies passées, soit sans mandat de l’ONU, en Syrie en 2017, au printemps 1999 au Kosovo contre la Serbie, soit en Lybie en 2011 en dépassement et non-respect du mandat, normalement limité à l’instauration d’un régime d’exclusion aérienne afin de protéger les civils5, mais de facto transformée en aide au changement de régime . Sans aller jusque-là cependant, contourner les limites de l’article 5 en Indo-Pacifique ne serait pas trop difficile à réaliser dès lors qu’un aéronef ou un navire américain viendrait à être attaqué par une arme chinoise dans la région, pire encore si les Chinois s’avisaient à bombarder la base d’Okinawa avant qu’alertée, elle ne se vide de ses moyens pour se disperser en mer ou ailleurs. Il y aurait dans ce cas atteinte portée contre un membre de l’OTAN, ce qui permettrait aux Etats-Unis de faire jouer l’Alliance en Extrême-Orient dans le cadre de l’article 5, en oubliant dans ce cas-là que l’incident et l’appel au soutien se situeraient hors zone de couverture du traité de Washington. C’est donc pour ne pas être entraîné dans un tel risque de cercle vicieux que l’OTAN n’a pas à intervenir en Indo-Pacifique, l’objectif des Etats-Unis dans la région étant d’abord d’y défendre leurs intérêts propres contre la Chine. Car ne soyons pas dupe, derrière le bien-fondé d’une protection de Taïwan le but de Washington est envers et contre tout de maintenir sa suprématie en déclin face à une Chine en ascendance. Si les autres membres de l’OTAN, avec juste raison, peuvent se soucier du devenir de Taïwan, ce n’est pas en se faisant solidaires d’une défiance américaine envers la République populaire qu’ils sauvegarderont la paix de l’île, même si par ailleurs Pékin se montre verbalement agressif à l’égard de celle-ci. Voilà 74 ans que les Taïwanais vivent avec l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête, s’en accommodent, même si ce n’est pas confortable, et parviennent à entretenir des relations, certes claudicantes politiquement, mais intéressantes sur le plan des affaires avec leurs confrères communistes. Il n’est donc pas nécessaire, sous prétexte de vouloir sauvegarder la quasi-indépendance de Taïwan, d’exciter la vindicte de Pékin en accroissant les visites officielles entre politiciens américains et taïwanais, rencontres apparaissant être autant de véritables provocations qui ne font qu’attiser les menaces de Pékin. Preuves en sont les multiples manifestations aériennes et navales chinoises d’intimidation quasi permanentes à proximité de l’île et de ses dépendances proches depuis au moins une décade, manœuvres dont le paroxysme a été le vaste exercice d’encerclement, avec tirs de 11 missiles à l’appui, réalisé au début du mois d’août 2022, à la suite de la visite à Taipei de Nancy Pelosi, présidente de la chambre américaine des représentants. Tout en maintenant une veille les Etats-Unis seraient bien avisés d’apaiser la situation en s’abstenant d’attiser l’ire de Pékin. Ce qu’ils sembleraient cependant enclins à faire depuis très peu avec la visite du Secrétaire d’Etat Blinken en Chine les 18 et 19 juin, même si les Chinois continuent de leur côté à refuser de reprendre le dialogue militaire. Cette visite a peut-être momentanément instauré un répit entre les deux Etats mais il n’est pas dit qu’un retour à l’exacerbation des tensions soit circonscrit. Il suffirait pour cela que les Républicains reprennent le pouvoir aux Etats-Unis lors des prochaines élections présidentielles.
Se calmer sur Taïwan mais continuer à défendre le droit de la mer autour A côté de cela apaiser la situation ne veut pas dire cesser les actions américaines, japonaises et occidentales de présence en mer de Chine du Sud. Car là, comme dans le détroit de Taïwan, il s’agit d’abord de défendre le droit international de la mer, droit que la Chine bafoue en permanence au travers de prétentions fallacieuses, prétentions qui ne sont reconnues par quiconque, sauf exceptions, non seulement en Asie mais dans le monde entier, contrairement à ce qu’affirme sans se lasser la propagande péremptoire chinoise. Pour ce qui concerne la mer de Chine du Sud, de telles prétentions ont été déboutées par la Cour permanente d’arbitrage de La Haye dans son jugement du 12 juillet 2016, dans l’affaire Philippines contre Chine, un jugement que Pékin réfute puisqu’il ne va pas dans le sens de son interprétation erronée du droit de la mer, et que par conséquent il efface de jure ses prétentions sur la quasi-totalité de la mer de Chine du Sud. Mais, compte tenu d’une telle position de négation, le problème n’est pas résolu de facto, pas plus que n’est celui du détroit de Taïwan et de la mer de Chine de l’Est.
Une réponse otanienne au service des Etats-Unis en Indo-Pacifique La défense des intérêts américains contre les Chinois par Taïwan interposé, voilà donc la vraie raison qui pousse le gouvernement américain à influencer l’OTAN dans la perspective d’une implication plus dense dans la grande région. Et la France a raison de se méfier d’un tel renforcement dans la mesure où la perspective la plus préoccupante est celle d’un possible engagement militaire ultérieur contre la Chine. A ce stade et dans une telle potentialité, l’on n’en est pas encore au projet de transferts de forces. Mais les voix se multiplient pour dénoncer la menace chinoise et pour renforcer davantage 5 les liens avec les pays déjà partenaires de l’OTAN. C’est le cas des Pays-Bas qui, dans leurs « orientations pour le renforcement de la coopération hollandaise et européenne avec leurs partenaires en Asie », dans lesquelles ils s’érigent pratiquement en leaders de l’Europe, veulent carrément impliquer l’OTAN, avec cependant pour l’heure une orientation autre que celle de venir au secours de Taïwan, celle en particulier de défendre le droit international de la mer6. Mais il s’agit bien d’une extension de la dimension de l’OTAN au-delà du théâtre atlantique. Quant à l’Allemagne, une telle insistance n’apparaît pas, de son côté, dans ses orientations pour l’Indo-Pacifique. Mais ses engagements militaires récents et nouveaux dans la région doivent être considérés comme un signal. Enfin, à un degré supérieur vient la création de l’AUKUS (Australie, Royaume uni, Etats-Unis) le 15 septembre 2021. Ainsi, petit à petit se construit, par pièces, un engagement plus fort de l’OTAN en Indo-Pacifique. Mais cela conduira-t-il à son engagement armé au profit des Américains ? La perspective de servir de supplétifs ou de forces d’appoint aux Etats-Unis pour défendre leurs intérêts en Indo-Pacifique contre la Chine par Taïwan interposé est l’argument qui doit être servi au gouvernement de Washington sans sourciller, puisque c’est lui qui a la main sur l’OTAN, même si cela doit générer un peu de brouille. Un conflit sino-américain demain en Extrême-Orient ne serait pas plus la guerre de l’OTAN que la guerre en Ukraine n’est aujourd’hui celle du Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie, de la Nouvelle- Zélande, de l’Asie du Sud-Est, de l’Inde, même s’ils s’en inquiètent, à juste titre cependant.
L’ESCALADE EN COURS : UNE FRANCE « NON SUIVISTE » ET LES « SUIVISTES »
L’appel du Japon L’autre argument qui plaiderait en faveur d’une intervention de l’OTAN dans la région est l’appel du Japon, qui se sent forcément et à juste titre menacé des retombées potentielles d’un conflit sino- taïwanais puisqu’il se trouve géographiquement en première ligne. Dans ses discours Fumio Kishida tente de convaincre que les intérêts de l’Europe et de l’Asie sont « inséparables » sur le plan stratégique. A cette fin il fait valoir que l’ennemi commun est la Russie puisqu’elle apparaît à la fois ennemie de l’Europe et ennemie de l’Asie libre du Nord-Est depuis 2014, date à laquelle les événements de la place Maïdan, à Kiev, ont poussé Moscou à se jeter dans les bras de Pékin. Ce qui n’a cependant pas conduit à de quelconques accords formels entre Russes et Chinois, il faut le souligner, tels que traité, pacte ou autre format d’alliance formelle. Mais cela n’empêche en aucun cas les deux compères de se livrer en bonne entente à de fréquents exercices navals et aériens d’intimidation du Japon dans son environnement international proche et autour de l’Etat-archipel. Tokyo a donc toute légitimité pour exprimer ses craintes. Mais la raison n’est pas suffisante pour appeler l’OTAN au secours puisque le Japon a déjà l’appui de Washington, qui n’est pas un mince allié. L’argument de l’imbrication stratégique de l’Europe et de l’Indo-Pacifique est fallacieux à cause de ce Russe dénoncé hostile commun aux deux pôles du continent eurasiatique. En revanche là où le Japon n’a pas tort, c’est l’imbrication effective de l’Europe et de l’Extrême- Orient sur le plan économique, que ce soit sur le plan des marchés, des échanges, des transports. Mais ce ne serait pas une raison suffisante non plus pour engager militairement la France dans un cadre OTAN pour défendre Taïwan, le Japon, les Philippines, tous soutenus par les Etats-Unis. Un conflit armé dans la région perturberait en effet gravement les relations économiques entre l’est et l’ouest du continent eurasiatique. Mais de nombreux conflits antérieurs ont démontré que les difficultés créées par des actes de guerre pouvaient techniquement se contourner même si sur le plan économique les troubles soudains grevaient les budgets nationaux.
L’invitation des AP4 aux sommets de l’OTAN En tout état de cause, cette inquiétude, ce besoin de se sentir soutenu par une formation supérieure à celle des seuls Etats-Unis, le Japon les a exprimés pour la première fois à Madrid, lors du sommet de 2022, auquel il avait été convié en même temps que les trois autres partenaires des AP4. Nul doute que cette année encore, lors du sommet de Vilnius, où les AP4 ont à nouveau été invités, Kishida les exposera à nouveau. Si les tourments du Japon face aux menaces russe et chinoise sont tout à fait compréhensibles, le sommet de l’OTAN, n’est pas le lieu pour les entendre. Ces invitations, qui se répèteront sans doute les années prochaines, constituent un précédant encourageant pour justifier une amenée ultérieure de l’OTAN en Extrême-Orient. Elles constituent un nouveau pas en avant dans unprojet qui s’échafaude progressivement comme l’est l’intention d’accueillir la participation de la partie japonaise au Conseil Nord Atlantique et régulièrement aux réunions des responsables défense de l’OTAN 7.
Troisième marche : l’installation envisagée d’un bureau de l’OTAN à Tokyo Dans la trajectoire des démarches en ce sens s’inscrit la visite de Jens Stoltenberg le 31 janvier 2023 à Tokyo où, avec le premier ministre japonais, les deux dirigeants ont exprimé leur « engagement à accroître » la coopération OTAN-Japon8. S’inscrivent aussi les négociations en cours en vue de l’installation d’un bureau de liaison de l’OTAN dans la capitale japonaise en 2024. Accéder à la demande japonaise serait pour l’OTAN mettre un pied opportun dans la place Indo-Pacifique. La France s’y oppose, avec en particulier l’argument des contenus des articles 5 et 6 quant à la zone de couverture du traité de Washington. Et elle a raison, sachant qu’en contrepartie un tel refus ne signifie pas pour autant une réticence à contribuer à des actions communes de coopération en bonne entente, de diverses manières, selon diverses configurations, bilatérales comme multilatérales, avec divers partenaires, selon les situations présentes ou futures envisageables, dans toute la région Indo- Pacifique. C’est ce qu’elle démontre déjà régulièrement au travers des diverses actions qu’elle mène en collaboration : lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden, surveillance de la pêche illégale en Pacifique sud, contribution au contrôle du respect de la résolution 2375 contre la Corée du Nord9, exercices militaires internationaux, comme celui auquel la frégate Lorraine a participé le 9 juin avec le Japon, le Canada, les Etats-Unis en mer des Philippines, pour ne citer que quelques-unes de ses actions.
La France doit tenir ses positions sans sourciller Devant toutes ces étapes cumulatives qui visent à parvenir au projet d’introduction de l’OTAN en Indo-Pacifique, la France doit donc continuer à tenir une veille pointilleuse sur ces risques annoncés de détournement de la vocation de l’Alliance. D’autant plus que depuis que le programme OTAN 2030 a été entériné, la position originale et personnifiée française est fragilisée. Et elle est susceptible d’être balayée tant les sous-entendus d’aspiration à l’abandon du consensus au profit de la prise de décisions transpire dans « OTAN 2030 », même s’il y est écrit : « Le consensus est l’une des pierres angulaires de l’Alliance »10. Mais il y est aussi dit : « Pourtant, ces dernières années, il est arrivé de plus en plus souvent que des pays bloquent des décisions à eux seuls »11 . La France est donc clairement visée et il n’y a pas lieu de se laisser impressionner par de tels propos face à l’autoritarisme sous-jacent. Ce serait démissionner sous la pression. La veille française doit aussi se poursuivre sur les autres risques de contournement du traité en ce sens que justement la direction de l’OTAN, se sentant bridée de ne pas pouvoir prendre de décisions immédiates, avance un certain nombre de propositions telles que :
– « L’OTAN devrait créer, au sein des structures existantes de l’Alliance, un mécanisme plus structuré pour la formation de coalitions. L’objectif serait que les Alliés puissent placer de nouvelles opérations sous la bannière OTAN même si tous ne souhaitaient pas participer à une éventuelle mission »12. Autrement dit, si l’on applique le raisonnement au théâtre Indo- Pacifique, le projet ouvrirait la porte à une action de l’OTAN sans la France et sans son avis contre la Chine, quelle que soit la partie à soutenir, Taïwan, Etats-Unis, Japon, Corée du Sud, Philippines. – « L’OTAN devrait envisager de renforcer le secrétaire général dans son rôle de chef en lui déléguant le pouvoir de décision sur les questions de routine et en l’encourageant à mettre les dossiers sensibles sur la table aussi tôt que possible. Le secrétaire général pourrait ainsi con- sacrer davantage d’attention aux questions stratégiques sans mettre à mal le principe du con- sensus »13. Par voie de conséquence, tout se mettrait en place pour que, par effet d’entraînement lié à sa qualité de membre de l’OTAN, la France soit happée contre son gré, et même ses intérêts, dans un conflit sino-américain à cause de Taïwan. Or elle n’aurait aucune raison de s’impliquer dans une guerre suscitée par les Etats-Unis, et aux côtés des Etats-Unis, au profit des intérêts primordiaux de Washington, contre la Chine, sous le couvert d’une défense de Taïwan. Si soutien à apporter à Taïwan dans les moments difficiles que rencontrerait l’île il appartiendrait à Paris d’en décider librement, selon ses moyens et sa capacité, sans pour autant se laisser engluer dans le piège d’une coalition. « Ne pas être suiviste » des Etats-Unis et de leurs inconditionnels de l’OTAN s’impose encore davantage à la lumière de ce risque de dévoiement des règles historiques du traité de l’Alliance. En ce sens le président de la République a mille fois raison de tenir une position de fermeté et devrait la maintenir lors du sommet de Vilnius. Il doit en être ainsi parce que, malgré le dépouillement de ses capacités militaires, conséquence de l’argument tendancieux qui a été celui du « recueil des dividendes de la paix », la France dispose encore de quelques moyens qui lui permettent de démontrer qu’elle est encore une puissance qui compte. Elle est d’ailleurs actuellement en train de renforcer cet affichage avec les opérations Pégase en Indo-Pacifique, celle de 2023 l’amenant à déployer, entre le 25 juin et le 3 août, 10 Rafale, quatre avions de transport A400M et cinq de ravitaillement A330, un déploiement en parallèle à l’affirmation française de présence en mer de Chine du Sud avec l’expédition de la frégate « Lorraine ». Une telle projection aérienne de puissance est en cours avec escales dans dix pays d’Indo-Pacifique et exercices communs à la clé. Il n’y a donc pas de raison pour que la France, parce qu’elle a des arguments, ne puisse pas faire entendre sa voix, même si elle est dissonante et dérangeante pour les Etats-Unis et les Européens inconditionnellement otaniens.
Les Allemands en Indo-Pacifique Dernier projet annoncé en date par le ministre allemand de la défense Boris Pistorius lors des dialogues du Shangri la 2023 : celui du déploiement de deux navires de guerre en Indo-Pacifique en 2024 pour y « renforcer la coopération en vue de construire un Indo-Pacifique libre et ouvert », formule synthétique qui demande toutefois une certaine exégèse pour en déterminer le concret. Néanmoins si le but est effectivement celui qu’annonce Pistorius et qu’il se concrétise par une présence visible significative en mer de Chine du Sud et de transit par le détroit de Taïwan, il est louable. Il est louable en ce sens que, faute de pouvoir contraindre Pékin d’y respecter les engagements qu’il a pris en ratifiant la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, une telle manifestation entre parmi celles qui sont destinées à le convaincre de changer de position, quand bien même l’idée relève de l’utopie aujourd’hui. Mais si l’objectif d’une telle expédition programmée est de procéder à une opération écran d’un éventuel projet de transfert de capacités otaniennes vers l’Indo-Pacifique, alors un pas de plus sera fait dans la direction recherchée par l’Organisation, les Etats-Unis, le Japon.
CONCLUSION Au total, sous prétexte de soutenir Taïwan contre la menace chinoise, il n’y a cependant aucun lieu pour la France de risquer de se trouver impliquée dans un éventuel conflit qui serait avant tout sino- américain, que ce conflit soit suscité par l’un ou par l’autre, soit pour ramener l’île à la Chine, soit pour la défendre contre les ambitions de Pékin. La menace chinoise existe bel et bien à l’encontre de Taïwan mais il n’est nullement nécessaire de l’exciter comme l’ont fait encore jusqu’à très peu les Etats-Unis. Il n’est nullement nécessaire de l’exacerber en projetant d’amener l’OTAN en Asie-Pacifique, un projet qui pourra n’être considéré que comme hostile par Pékin, et pour cause. S’en abstenir ne serait en aucun cas démissionner devant l’ambition chinoise. Mais le maintenir ne peut qu’aviver les tensions au lieu d’amener un minimum de sérénité dans la région quand par ailleurs l’objectif international est d’abord de contraindre la Chine à y respecter le droit de la mer, qu’elle y bafoue sauvagement au détriment des pays d’Asie du Sud-Est et en y affichant, avec une rhétorique fumeuse, un dédain méprisant à l’égard de l’ONU et de ses institutions dédiées. Il est clair que la France, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, devra s’opposer à ce projet visant à donner à l’OTAN un rôle planétaire non prévu par le Traité de l’Atlantique Nord, si elle veut pouvoir garder sa liberté de manœuvre politique au sein de l’ONU, seule organisation mondiale, dont le multilatéralisme lui est indispensable au maintien de sa souveraineté pleine et entière sur l’ensemble de ses territoires et zones économiques exclusive (ZEE) dans la zone Indopacifique.
Notes:
1 Tiré d’une dépêche de presse de l’OTAN qui, par ailleurs, ne donne sur son site internet aucune information sur le contenu de ces ITPP. Mais sur lesquels des séances de familiarisation sont pourtant organisées.
2 Les IPCP sont révisables tous les deux ans. Mais, à la lecture des informations recherchées, il ne semble pas que cerythme soit toujours respecté. 3 P.74, § 14 de la partie du chapitre Partenariats en Asie et dans l’Indo-Pacifique.
4 Frontière sino-indienne dans l’Himalaya, mer de Chine de l’Est, mer de Chine du Sud 5 Résolution N° 1973 du Conseil de Sécurité
The western conviction that Russia’s fragility is explained by its move away from the ‘Anglo’ economic doctrines reflects wishful thinking.
The chaos that western ‘experts’ were expecting, ‘with libidinous excitement’, to unfold in Russia “which was certain to feature “Russians … killing Russians”, and with Putin “probably hiding somewhere.” – did arrive – except that it exploded in France, where it was not expected, with Macron on the ropes rather than it being Putin in Moscow.
There is much to be distilled from this interesting inversion of expectations and of events – from a tale of two very different insurrections:
On Saturday afternoon, after Prigozhin had reached Rostov, news broke across the U.S. that Prigozhin had struck a deal with President Lukashenko to end his protest and go to Belarus. Thus ended a largely bloodless affair. No support was forthcoming for Prigozhin, either from the political class, or from within the military. The western Establishment was left reeling; their expectations seemingly inexplicably crushed, within hours.
Equally shocking however to the West, were the videos coming out from Paris, and from cities across France. Cars burning; police stations and municipal buildings on fire; police attacked and shops widely looted and sacked. These were scenes, as if poached from the ‘Fall of Imperial Rome’.
Ultimately, this insurrection too, faded. Yet, it was nothing like the fading of the Prigozhin ‘mutiny’ which ended with a show of support for the Russian State per se, and for President Putin personally.
In the French insurrection, precisely nothing was ‘solved’ – the State being seen as ‘beyond remedy’ in its current iteration: A Republic no more. And President Macron’s personal standing reviled, possibly beyond rehabilitation.
Unlike in the Russian instance, the French President saw much of the police turn against him (with the police union issuing a statement that reeked of an imminence of civil war, with the rioters labelled ‘vermin’). Senior Army Generals also warned Macron either to ‘get a grip’ on the situation, or they would be forced to do it.
Clearly – if only for nine days – the means of state enforcement had turned its back on the Head of State. All history tells us that a leader who has lost the support of his enforcers maybe soon lost too (at the next insurrection).
This mutiny by the banlieues is all too easily dismissed as an ancient sore of Algerian/Moroccan origin re-surfacing, yet again. It is true that the killing of a young man of north African origin was the immediate trigger to rioting within several cities – all in uproar within the hour.
For those keen to dismiss any wider significance (despite earlier mass protests not being by the banlieusards), it is waved away, with mutterings of how the French are somehow prone to take to the streets!
Put frankly, the underlying problem that France just revealed is the pan European crisis – long brewing – to which there are no ready solutions. It is a crisis that threatens all Europe.
Commentators however are quick to suggest that street protests (such as those in France) cannot threaten a European State – protests there were diffuse, and without a political core.
Stephen Kotkin however, wrote a book Uncivil Society in answer to the prevalent myth that without an organised parallel civil society, opposing and ultimately displaced the regime, EU states are perfectly safe and can ‘carry on’ ignoring popular anger.
Kotkin’s thesis is that Communist regimes fell, not only unexpectedly and basically overnight, and (except in Poland) without the prior existence of any organized opposition whatsoever. It is complete myth that Communism fell as the result of an opposing civil society, he writes. The myth persists however, within a West which busily creates opposition civil societies in furtherance of their regime-change objectives.
Rather, the only organized structure in Communist Eastern Europe was the ruling Nomenklatura. Kotkin estimates this ruling technocratic bureaucracy at some five to seven percent of the population. These people interacted with each other daily, and formed the coherent entity that had actual power. They lived a privileged parallel reality, entirely severed from the world around them, that dictated every aspect of life to its own benefit – until one day, it didn’t. It was this technocracy that collapsed in 1989.
What caused these states suddenly to fall? Kotkin’s short answer is a cascading failure of confidence: a “political bank run”. And the crucial event in the overthrow of all communist governments was street protest. Thus, the events of 1989 utterly astonished the entire West because of the lack of organised political opposition.
The point here of course, is that today’s European technocracy, inhabiting its extreme gender, diversity and Green parallel realities (to that of most Europeans), smugly assumes that with control of Narrative, they can suppress protest and proceed impose a World Economic Forum future that erases national identities and cultures without hindrance.
What is happening in France – in diverse forms – is precisely ‘a political bank run’ on the French President. And what is happening in France however, can spread …
Of course, street protests in communist states had taken place before. What was different in 1989, Kotkin argues, was extreme regime fragility. The two immediate drivers – other than simple incompetence and sclerosis – were the refusal by Mikhail Gorbachev (like Macron during this recent insurrection) to backstop a crackdown, plus the failing economic Ponzi scheme in which all these states had engaged (borrowing in hard currency from the West to prop up their economies).
It is here that we can gain insight into why recent events in France are so grave, and impinge more widely. For perversely, Europe is essentially treading the same path (with western characteristics) that Eastern Europe trod.
At the end of the two World Wars, west Europeans had sought a fairer society (the industrial society that had preceded the wars was frankly both feudal and brutal). Europeans wanted a new deal that cared for the less advantaged too. It was not socialism per se that was sought, though some plainly did want communism. Essentially, it was about re-inserting some ethical values into an amoral laissez-faire economic sphere.
It did not work out well. The system ballooned, ‘til western states could no longer afford themselves. Debt spiked. And then, in the 1980s, a seeming ‘remedy’ – imported from the Chicago School of neo-liberal zealots, preaching attrition of the social infrastructure and the financialisation of the economy – was widely adopted.
The Chicago proselytisers told PM Thatcher to stop building ships or manufacturing cars – that was for Asia. Financial services ‘industry’ was the goose that would lay the golden egg in the future.
The cure proved ‘worse than the disease’. Paradoxically the flaw to this unfolding economic conundrum had been perceived by Friedrich List and the German School of Economics, as early as the nineteenth century. He saw the flaw to the ‘Anglo’ debt-led, consumption-based model: That (in a nutshell) a society’s well-being and its overall wealth are determined not by what the society can buy, but by what it can make.
List predicted that a capsize toward prizing consumption – above attending to building the real economy – inevitably would lead to an attenuation of the real economy: As consumption, and an ephemeral financial and services sector, sucked out the ‘oxygen’ of fresh investment from the manufacture of real output (still required to pay for imports), the real economy would wither.
Self-reliance would erode, and a shrinking base of real wealth creation would support ever-smaller numbers in adequately-paid employment. And ever greater debt would become necessary to sustain a shrinking pool of those productively employed. This represents the ‘Tale of France’.
In the U.S. today, for example, officially unemployed figures are given as 6.1 million Americans; yet 99.8 million of working age Americans are considered “not in the labour force”. Thus a total of 105 million of working-age Americans have no job today.
This is the same ‘trap’ attriting France (and much of Europe). Inflation is rising; the real economy is contracting; and well-paid employment shrinking – at the same time that support fabric has been eviscerated (for ideological reasons).
It is bleak. The spike in immigration into Europe compounds the problem. Everyone can see that, except for the European Nomenklatura who remain in ideological ‘open society’ denial.
Here’s the rub: There are no solutions. Undoing the structural contradictions of this Chicago model are beyond present western political capacities.
The Left have no solution, and the Right are not permitted an opinion – Zugzwang (checkmate).
Which brings us back to the ‘Tale of Two Cities’, and their very different insurgency experiences: In France, there is no solution. In Russia, Putin and millions of others had experienced the ‘shock therapy” of price liberation and hyper-financialism during the Yeltsin years.
And Putin ‘got it’. As List foresaw, the ‘Anglo’ financialised model eroded national self-reliance and shrunk the base of real wealth creation, which provided the jobs needed to sustain the Russian population with work.
Many people lost their jobs during the Yeltsin years; were not paid; and saw the real value of their earnings plummet – whilst oligarchs appeared seemingly out of nowhere came to plunder any institution that had value. There was hyperinflation, gangsterism, corruption, currency runs, capital flight, desperate poverty, increased alcoholism, declining health, and vulgar and wasteful displays of wealth by the super-rich.
However, the primary influence on Putin came from President Xi. The latter had made clear, in a searing analysis entitled, “Why did the Soviet Union Disintegrate?”, that the Soviet repudiation of the history of the CPSU of Lenin, of Stalin, “was to wreck chaos on Soviet ideology and engage in historical nihilism”.
Xi argued that, given the two poles of ideological antinomy – that of the Anglo-American construct, on the one hand, and the Leninist eschatological critique of the western economic system on the other – the Soviet “ruling strata had ceased to believe” in the latter, and consequently had slid into a state of nihilism (with the pivot to the western liberal-market ideology of the Gorbachev-Yeltsin era).
Xi’s point was clear: China had never made this detour. Plainly put, for Xi, the Yeltsin economic débacle was the result of the turn to western liberalism. And Putin concurred.
In Putin’s words, China “managed in the best possible way, in my opinion, to use the levers of central administration (for) the development of a market economy … The Soviet Union did nothing like this, and the results of an ineffective economic policy impacted the political sphere”.
But that is precisely what Russia, under Putin, has corrected. Mixing Lenin’s ideology with List’s economic insights (a follower of List, Count Sergei Witte was Prime Minister in 19th Century Russia) has made Russia self-reliant.
The West does not see it this way. The latter persists in seeing Russia as a fragile, friable state, so financially straitened that any reversal on the Ukrainian battlefront could bring about a panicked financial collapse (as seen in 1998), and political anarchy in Moscow, similar to that of the Yeltsin era.
On this faulty, absurd analysis, the West launched war on Russia via Ukraine. The war strategy was always predicated on Russian political and economic fragility (and a military mired in rigid, Soviet-style command structures).
The war may in no small part be attributed to this failure to understand Xi and Putin’s strong conviction that the Yeltsin devastation was the inevitable result of the turn to western liberalism. And that this flaw required concerted correction, which Putin duly did – but which the West did not notice.
The U.S. however persists, against the evidence, in the conviction that Russia’s inherent fragility is explained by its move away from the ‘Anglo’ economic doctrines. It reflects western wishful thinking.
Most Russians, on the other hand, attribute Russia’s resilience in the face of a combined western financial onslaught as explicable, because Putin had largely moved Russia into self-reliance, outside of the U.S. dominated western economic sphere.
Thus, the paradox is explained: In the face of the Prigozhin ‘insurgency’, Russians expressed their confidence and support for the Russian State. Whereas in the French insurgency, the people expressed discontent and anger at the ‘trap’ in which they find themselves. The political run on the Macron ‘bank’ is underway.
NATO’s Ukrainian war will not be the end of their criminality. China and the South China Sea are next and slaughtering the citizens of the Fertile Crescent remains a permanent NATO obsession.
MI5’s BBC recently reported on “a highly symbolic gesture of reconciliation”, where the Presidents of Poland and Ukraine honoured the tens of thousands of Poles who were massacred by Bandera’s Ukrainian thugs during 1943 Volhynia (Volyn) massacre.
Aside from displaying a picture of Ukraine’s Clown Prince Zelensky in his regulation GI Joe outfit, the report, banal enough in its own fashion, was notable in that the BBC told us that “the cathedral service in Lutsk was ecumenical, with both Orthodox and Catholic clergy participating”, that “a wooden cross” was erected in a field to commemorate the victims and that “Russian President Vladimir Putin has repeatedly – and baselessly – branded Mr Zelensky’s government Bandera-style ‘Nazis’”.
Those points are important as there is so much over-whelming evidence that the Zelensky regime is so umbilically connected to the Bandera Nazis (no parentheses needed) that it should not reasonably be disputed. As regards the wooden cross, that is important as MI5’s BBC has previously praised MI5’s Femem group for deliberately hacking down crosses raised to other victims of that same war and the ecumenical aspect is also of importance because, as the Orthodox Church is banned in Ukraine, no self-respecting Catholic bishop should allow Zelensky or his state-sponsored ‘church’ (parentheses needed) to darken the door of his cathedral.
The BBC is simply the retail end of NATO’s dis-information empire and is as much a source of news as is your local supermarket’s deli centre a valuable insight into the world’s agricultural industry. The BBC’s role, as their above cited article shows, is to serve us up whatever granules of mis-information NATO determines are most appropriate at any particular time to their agenda.
Then consider that these think tanks are also but minnows in NATO’s wider censorship-industrial complex, whose all-encompassing vastness indicates that NATO leaves no stone unturned or source of information unsullied to have its narrative accepted and undisputed. Those of us who do not want our intelligence insulted by sipping from such sullied wells must look elsewhere for sustenance and, as NATO banned Russia Today and similar sources, that is a time-consuming and often futile task.
Take the issue of cluster bombs, which must be a source of concern not only to Russian citizens but to the Russian Forces’ High Command, whose duty it is to protect those citizens from such barbarities. We are told, by the BBC amongst others, that POTUS Biden wrestled with his conscience over the issue and that Biden eventually but reluctantly won that Hamlet-like tussle, just as POTUS Obama overcame his own non-existent conscience and armed the Syrian head hackers.
Because American Presidents do not, contrary to British war criminal Boris Johnson’s protestations, have consciences, their handlers will always win such contests. Not only have the Americans, and their British sidekicks in Kosovo, saturated other lands they invaded with such ordnance but such barbarisms have always been an integral part of their battle plans. No matter whether we are talking about their extermination of the American Indians, their never-ending forays into Latin America, their savagery in the Philippines, Vietnam and Korea and a thousand other killing fields “from the Halls of Montezuma to the Shores of Tripoli”, their game plan has always been the same one of mass murder, collateral damage as these psychopaths euphemistically call it.
Although Cambodian Prime Minister Hun Sen pleaded with the Americans to “have pity on the Ukrainian people” and not to visit these awful weapons of death on them as they did in Cambodia and Laos, he is wasting his breath as these Americans and their BBC cheerleaders have neither a conscience nor a sense of morality.
Although Jen Psaki and other American war criminals formerly condemned cluster bombs just as they now sing their praises, that is as irrelevant as Putin and thousands more of us pointing out that Bandera’s Nazi legacy sits at the heart of Zelensky’s rump Reich.
That is because we are not having a debate with rational or honest people. Rather, we are in a situation where we are supposed to take Zelensky seriously, despite his penchant for showing his private parts in public. We are supposed to take Estonia’s Prime Minister seriously, despite her aspirations to be an online troll. And we are supposed to take Creepy Joe Biden seriously, despite his penchant for sniffing little girls, as if he was a decadent BBC presenter.
The British have had a gut full of the BBC’s sexual scandals and they are not alone. The Syrian and Indian government have both given these serial criminals their marching orders because, in the words of Syria’s Ministry of Information, the BBC “has deliberately provided, from time to time, subjective and false information” despite repeated warnings from Syrian authorities.
Indian foreign ministry spokesman Arindam Bagchi has described the BBC’s output as a “propaganda piece,” highlighting a “continuing colonial mindset.” And Indian Government adviser Kanchan Gupta has characterized the BBC’s hit pieces as “hostile propaganda” and “anti-India garbage,” adding that New Delhi had ordered YouTube and Twitter to block the BBC’s mis-information on India.
And then there is quixotic Bulgaria which we earlier praised in the context of the works of Belarusian peace activist, President Aleksandr Lukashenko. Bulgaria has once again stepped up to the plate by telling Zelensky that he cannot militarily prevail, that Bulgaria has other priorities than gifting him and his cronies endless mountains of ordnance and that he should work for peace in Ukraine rather than to be an eternal cog in NATO’s permanent war machine.
Although someday this war is gonna end, China, Iran and its other victors must learn from it and take the appropriate actions to avoid, as far as practicable, any recurrence of these NATO Ukrainian war crimes. Although the governments of Syria, Bulgaria and India have, however belatedly, charted the right course, it is not nearly enough. The BBC, despite its less than deft pivots towards Asia, must become a pariah and its cigar munchers and their enablers jailed for the term of their natural lives, without the possibility of parole, Mr Zelensky’s government Bandera-style Nazis (no parentheses needed) should likewise be jailed not only because of their imprisonment of the Kononovich Brothers and far too many others to adumbrate here but for an entire galaxy of crimes factored around their Bandera-style collaboration with NATO and its various think tanks, ‘diplomatic’ (parentheses needed) and media mouth pieces.
NATO’s Ukrainian war will not be the end of their criminality. China and the South China Sea are next and slaughtering the citizens of the Fertile Crescent remains a permanent NATO obsession. We can, at present, do nothing about any of that.
But what we can do, indeed what we must begin to do, is to understand what NATO and its galaxies of think tanks and secret influencers are up to to ensure the criminality of Mr Zelensky’s government Bandera-style Nazis (no parentheses needed) and like-minded Nazi (no parentheses needed) regimes continue. We must, first of all, emulate an increasing number of Britons by switching off the BBC and switching back on our sovereign minds. Although that seems an easy thing to do, it is, as Lord Keynes intimated over a century ago, anything but. Just as Keynes showed that POTUS Wilson was “the greatest fraud on earth”, so also must we unbuckle ourselves from the fraudulent BBC and Biden yokes. Because peace cannot co-exist with the permanent war economy that underwrites the existence of the BBC and Biden, we must choose one or the other and then start moving in one direction or the other. And though our initial baby steps away from Biden and the BBC might, at first, seem trivial and of no consequence, when solid masses of us abandon them, their inevitable day of reckoning will hit them all the quicker.
Die wirtschaftlichen Abschwünge und Stagnationen, die es in den letzten Jahrzehnten weltweit gab und gibt, werden oft mit der Wirtschaftskrise verglichen, die in den Vereinigten Staaten mit einer Börsenpanik im Oktober 1929 begann und sich dann zur sogenannten Weltwirtschaftskrise ausweitete. die 1930 fast die gesamte kapitalistische Welt erfasste. Es wird angenommen, dass die Weltwirtschaftskrise mit Beginn des Zweiten Weltkriegs (d. h. am 1. September 1939) endete. Es stellt sich heraus, dass die Dauer der Weltwirtschaftskrise etwa ein Jahrzehnt beträgt. Das Niveau der Industrieproduktion wurde infolge dieser globalen Krise in den westlichen Ländern auf das Niveau vom Beginn des 20. Jahrhunderts, also vor 30 Jahren, zurückgeworfen. In den industrialisierten Ländern des Kapitalismus gab es damals etwa 30 Millionen Arbeitslose; die Lage der Bauern, Kleinhändler und Vertreter der Mittelschicht verschlechterte sich. Viele landeten unterhalb der Armutsgrenze; die Geburtenrate sank stark. Es entstand ein fruchtbarer Boden für die Entstehung und Stärkung der Positionen des Nationalsozialismus (Faschismus) und die beschleunigten Vorbereitungen für einen neuen Weltkrieg.
Es stellt sich jedoch heraus, dass es bereits vor 1929 einen etablierten Begriff „Große Depression“ gab. Es bezog sich auf die Weltwirtschaftskrise, die 1873 begann und bis 1896 andauerte. Das heißt, seine Dauer betrug 22-23 Jahre. Das ist mehr als doppelt so lange wie die Weltkrise von 1929-39. Letztere erhielt den Namen „Große Depression“, und um sie von der Krise von 1873–96 zu unterscheiden, wurde die Krise des 19. Jahrhunderts in „Lange Depression“ umbenannt.
Die Lange Depression des 19. Jahrhunderts begann ebenso wie die Weltwirtschaftskrise des 20. Jahrhunderts mit einer Börsenpanik. Im April 1873 brach an der Wiener Börse Panik aus und erfasste anschließend auch die Börsen anderer europäischer Länder. Und dann wechselte sie vom Finanzmarkt in den realen Wirtschaftssektor – Industrie, Landwirtschaft, Baugewerbe, Schienenverkehr. Die Krise breitete sich überraschend schnell (trotz der damals relativ schwachen Kommunikations- und Finanz- und Wirtschaftsbeziehungen) auf die Neue Welt aus – die Vereinigten Staaten und Kanada. Bereits im September 1873 erreichte die Finanzpanik Amerika.
Was sind die Ursachen der Weltwirtschaftskrise? Die allgemeinste Antwort auf die Frage lässt sich unter Bezugnahme auf die Klassiker des Marxismus geben. Und er sagte, dass die Krise eine unvermeidliche Folge des Kapitalismus sei; Die Krise ist das Ergebnis eines Missverhältnisses zwischen Güterangebot und tatsächlicher Nachfrage. Er nannte es die „Krise der Überproduktion“ und definierte sie als eine der vier aufeinanderfolgenden Phasen des kapitalistischen Zyklus (der Bewegung der kapitalistischen Wirtschaft): Krise (Rezession, Rezession) – Depression (Stagnation, Stagnation) – Erholung – Erholung. Bis 1873 kam es zu einem Aufschwung der Alten und Neuen Welt, der in der Literatur meist als „Aufschwung“ bezeichnet wird. Nach dem Ende des Amerikanischen Bürgerkriegs und einer kurzen Nachkriegsrezession (1865–1867) erlebten die Vereinigten Staaten einen Investitionsboom, der mit dem Bau von Eisenbahnen auf öffentlichen Grundstücken im Westen des Landes verbunden war.
In Europa begann der Boom erst später, nach dem Ende des Deutsch-Französischen Krieges von 1870–71. Seine Vollendung führte, wie Sie wissen, zum Sieg Preußens, zur Schaffung eines einheitlichen deutschen Staates und zur Zahlung einer Entschädigung durch Frankreich an den Gewinner in Höhe von 5 Milliarden Goldfranken. Dieses gigantische Geld blieb teilweise in Deutschland (Zweites Reich), teilweise diente es der Tilgung von Schulden, die Preußen und andere deutsche Länder zuvor gemacht hatten. Letztlich floss dieses Geld in die Gründung neuer Unternehmen (die Gründung von Aktiengesellschaften, die in Deutschland den Namen „Grunderstvo“ erhielten). Es setzte ein Investitionsboom ein, der, modern gesprochen, zur Bildung von „Blasen“ am Aktienmarkt und zu inflationären Preissteigerungen führte. Der Boom dauerte weniger als zwei Jahre und endete damit, dass die Aktienkurse an den Börsen stark einzubrechen begannen.
Es gibt andere Interpretationen, warum der Aufstieg in der Alten Welt so kurz war. Der deutsche Kanzler Bismarck einigte sich bereits vor Beginn des Deutsch-Französischen Krieges mit den Rothschildszum Deal: Bismarck bittet um Unterstützung bei der Vereinigung der deutschen Länder und der Schaffung eines einheitlichen deutschen Staates, des Zweiten Reiches. Und die Rothschilds bitten Bismarck, die Deutsche Mark zu Gold zu machen. Mit anderen Worten: Einführung des Goldstandards im Zweiten Reich. Die Rothschilds versuchten auch nach dem Ende der Napoleonischen Kriege, Europa einen Goldstandard aufzuzwingen, aber es gelang ihnen auch nicht. Ihrer Ansicht nach bedeutete der Goldstandard, dass Geld nur gegen die Deckung der Goldreserven der Zentralbank gedruckt werden konnte. Und wenn ihm eine solche Golddeckung fehlt, dann sind die Rothschilds bereit, das Edelmetall gegen Zinsen abzugeben (schließlich konzentrierten sie nach den Napoleonischen Kriegen eine große Menge Gold in ihren Händen und wollten, dass es in Kapital umgewandelt wird, d. h. , einen Gewinn machen). Der erste Schritt wurde bereits 1821 unternommen, als England unter Druck standNathan Rothschild (derselbe, der 1815 die Kontrolle über die Bank of England übernahm) führte den Goldstandard ein, begann dann aber zu schwächeln. Keiner der europäischen Könige, Ministerpräsidenten und Kanzler wollte sich freiwillig eine goldene Schlinge um den Hals legen. Und um das Zweite Reich zu schaffen, machte Bismarck diesen gefährlichen Deal. Nach Deutschland begannen auch andere europäische Länder mit der Einführung von Goldstandards. Die „Druckmaschinen“ der Zentralbanken wurden mit goldenen Bremsen ausgestattet. Den Unternehmern fehlte das Geld für die Bildung von Betriebskapital und Investitionen in das Anlagevermögen. Die weit verbreitete Einführung der Goldwährung führte zu einer anhaltenden Wirtschaftskrise.
Wie Sie wissen, bestand die Große Depression des 20. Jahrhunderts aus zwei Phasen: einer wirtschaftlichen Rezession (eine Wirtschaftskrise im Verständnis von Ökonomen), die den Zeitraum 1929-33 umfasste; die Stagnation, die darauf folgte (Stagnation oder eigentlich Depression im Verständnis der Ökonomen). Wirtschaftshistorikern zufolge dauerte die erste Phase der Weltwirtschaftskrise in den Vereinigten Staaten 43 Monate.
Auch die lange Depression des 19. Jahrhunderts bestand aus zwei Phasen: Rezession und Stagnation. Die Rezession in den Vereinigten Staaten dauerte also von Oktober 1873 bis März 1879, also 65 Monate. Es wird angenommen, dass dies die längste Rezession in der Geschichte nicht nur der Vereinigten Staaten, sondern des gesamten Kapitalismus war. Auch die Stagnation (1879–1896) erwies sich als die längste, daher der Zeitraum 1873–96. und erhielt seinen Namen „The Long Depression“.
Historiker und Ökonomen nennen die Krise von 1857, die in den Vereinigten Staaten begann, sich aber schnell auf die Alte Welt ausweitete und Deutschland, England und Frankreich erfasste, üblicherweise die erste Wirtschaftskrise, die Anzeichen einer globalen Krise aufweist. Gemessen an der Zahl der Länder, die eine Rezession erlebten, übertrifft die Lange Depression die Krise von 1857 bei weitem. Die USA, Kanada, fast ganz Europa sowie Russland waren von der Krise betroffen.
Zwar konnten Stagnation und Depression in einigen Ländern durch Erholung und sogar etwas Wachstum ersetzt werden, aber andererseits gab es auch Stopps. Beispielsweise kam es im Rahmen der langen Depression in den Vereinigten Staaten zu zwei ausgeprägten Rezessionen: 1873–77. (nach einigen Quellen 1873–79) und 1882–85. Im Allgemeinen für den Zeitraum 1873-1896. In den meisten Ländern kam es zu einem Produktionsanstieg bei vielen Arten von Industrieprodukten, der jedoch vor dem Hintergrund der vor 1873 beobachteten Raten bescheiden ausfiel.
Der britische Historiker Paul Kennedy bewertete den Stand der wirtschaftlichen Entwicklung der führenden Länder im 19. Jahrhundert anhand eines Indikators wie dem Bruttosozialprodukt – dem BSP, den es damals noch nicht gab ( Paul Kennedy . Aufstieg und Fall der Großmächte . — Fontana Press, 1989) . Und das ist das Bild, das sich im Zeitraum 1870-1890 ergibt. In Österreich-Ungarn betrug das BSP-Wachstum in den zwanzig Jahren 35,4 %; Frankreich hat 17,3 %; Italien – 14,6 %. Am wenigsten von der langen Depression waren zwei Länder in Europa betroffen – Deutschland (BIP-Wachstum um 59 %) und Großbritannien (50 %). Und am schlimmsten traf es Russland, dessen BIP in zwei Jahrzehnten um fast 8 % zurückging. Wenn wir über Russland sprechen, dann erlebte es im Rahmen der Langen Depression drei Rezessionen: 1874–1877, 1881–1886. und 1891–1892; in den Zeiträumen dazwischen kam es zu einer teilweisen Erholung der Wirtschaft. Aber im Allgemeinen im Zeitraum 1873-1896. Es gab eine klare Tendenz, dass Russland hinter den führenden westlichen Ländern zurückblieb.
Und das häufigste Phänomen im gesamten Zeitraum und in allen Ländern war die Deflation. Das heißt, ein Rückgang der Preise und ihr langer Verbleib auf niedrigem Niveau. Beispielsweise im Zeitintervall 1867–1894. der Getreidepreis auf dem Weltmarkt fiel um 2/3. Eisenpreis für zwei Jahrzehnte 1870–1890 um die Hälfte gesunken. Niedrige Preise stellten die größte Bremse für die Streuung von Investitions- und Produktionsaktivitäten dar.
Um Rezession und Stagnation entgegenzuwirken, haben viele Länder auf Protektionismus zurückgegriffen. So gab Präsident Adolphe Thiers in Frankreich die Politik des Freihandels während des Zweiten Kaiserreichs auf und führte in der neu geschaffenen Dritten Republik ein protektionistisches Regime ein; 1892 wurden hohe Melin- Zölle eingeführt (benannt nach dem französischen Anwalt, der sie entwickelt hatte). Diese Zölle markierten das Ende des Freihandels zwischen England und Frankreich. In Deutschland wurde bereits 1879 ein protektionistischer Zoll eingeführt (was übrigens erklärt, warum Deutschland während der Langen Depression eine so hohe wirtschaftliche Entwicklung erlebte). In den Vereinigten Staaten ermöglichte die protektionistische Haltung Benjamin Harrison diesgewinnen Sie die US-Präsidentschaftswahl 1888. Von den wirtschaftlich entwickelten Ländern blieben nur Großbritannien und die Niederlande einer Politik niedriger Zölle treu.
Dennoch behinderte der wachsende Protektionismus die Entwicklung des internationalen Handels erheblich. Übrigens zeigten sich zu dieser Zeit einige Anzeichen für den Übergang des freien Wettbewerbskapitalismus in seine höchste Phase, wie V.I. Lenin in seinem Werk „ Der Imperialismus als höchste Stufe des Kapitalismus “ (1916).
Erstens kam es während der langen Depression zu massiven Insolvenzen kleiner und mittlerer Unternehmen in verschiedenen Branchen. Ihr Vermögen wurde von großen und größten Unternehmen übernommen. Der Prozess, den Lenin „die Konzentration und Zentralisierung des Kapitals“ nannte, wurde intensiviert. Große und größte Unternehmen wurden zu Monopolen und zerstörten die Reste der Konkurrenz. Die Zeit der Monopolpreise hat begonnen – monopolistisch hohe Preise für hergestellte und verkaufte Waren und monopolistische Niedrigpreise für eingekaufte Rohstoffe.
Zweitens haben die Verschärfung des Problems des Absatzes von Industriegütern auf dem Inlandsmarkt, der Mangel an billigen Rohstoffen und der Wunsch nach Kostenminimierung zu einer Tendenz geführt, ausländische Märkte, Rohstoffquellen und billige Arbeitskräfte sowie Gebiete zu erobern Kapitalanlage. Dies ist eine Tendenz zur Umwandlung des Monopolkapitalismus in den Imperialismus, zur wirtschaftlichen Aufteilung der Welt durch Monopolgewerkschaften – Kartelle und Syndikate.
Eine der Folgen der langen Depression war eine deutliche Veränderung der Stärke einzelner Länder bis zum Ende des vorletzten Jahrhunderts. Dies lieferte Lenin übrigens später die Grundlage für die Einführung des Konzepts des „Gesetzes der ungleichmäßigen wirtschaftlichen und politischen Entwicklung des Kapitalismus“ (im selben Werk „Der Imperialismus als höchste Stufe des Kapitalismus“). Vor dem Hintergrund anderer Länder stärkten vor allem Großbritannien und Deutschland sowie die USA ihre wirtschaftliche Position. Und letzteres – besonders. Paradoxerweise waren es nach Ansicht der meisten Ökonomen und Historiker die nordamerikanischen Staaten, die am meisten unter der Rezession litten, die 1873 begann. Tatsächlich war es damals noch kein Industrieland (in gewisser Weise ähnelte seine Wirtschaft der Wirtschaft des modernen Russlands, die auf der Produktion von Kohlenwasserstoffen und deren Export basiert). Das meiste Geld verdienten ausländische Kapitalisten weiterhin durch die Landwirtschaft, die die Alte Welt mit Getreide und Baumwolle versorgte. Bei diesen Gütern kam es nämlich in den 70er Jahren des vorletzten Jahrhunderts zu dem größten Preisverfall. Hier ist es angebracht, an das Schlagwort zu erinnern: „Die Krise ist nicht nur eine Katastrophe, sondern auch eine Chance.“ Und Amerika hat diese Chance genutzt. Sie begann mit der Industrialisierung und schuf mit Bedacht die Voraussetzungen dafür in Form einer hohen Zollschranke. Und so übertraf Amerika in den 1890er Jahren das Britische Empire in der Industrie und im Hinblick auf das BIP (nach retrospektiven Schätzungen von Historikern). Sie begann mit der Industrialisierung und schuf mit Bedacht die Voraussetzungen dafür in Form einer hohen Zollschranke. Und so übertraf Amerika in den 1890er Jahren das Britische Empire in der Industrie und im Hinblick auf das BIP (nach retrospektiven Schätzungen von Historikern). Sie begann mit der Industrialisierung und schuf mit Bedacht die Voraussetzungen dafür in Form einer hohen Zollschranke. Und so übertraf Amerika in den 1890er Jahren das Britische Empire in der Industrie und im Hinblick auf das BIP (nach retrospektiven Schätzungen von Historikern).
Die jungen Imperialismen, vertreten durch Deutschland und die Vereinigten Staaten, glaubten, dass die Welt wirtschaftlich und territorial ungerecht aufgeteilt sei. Sie verdienen wie schnell wachsende Volkswirtschaften mehr. Die überwiegende Mehrheit der Märkte und Gebiete der Welt gehörte weiterhin den alten Imperialismen (Großbritannien, Frankreich, Belgien, Niederlande usw.). Sie (Deutschland und die USA) verdienen als schnell wachsende kapitalistische Volkswirtschaften mehr.
Ende des 19. Jahrhunderts endete die Lange Depression. Es setzte ein allgemeiner wirtschaftlicher Aufschwung ein, der dann in einen wirtschaftlichen Aufschwung überging. Die führenden Länder der Welt beschlossen, diesen Aufschwung und diesen Aufstieg zu nutzen, um eine wirtschaftliche und territoriale Neuaufteilung der Welt zu ihren Gunsten durchzuführen. Die Vorbereitungen für einen Weltkrieg begannen.
Guckt beleidigt aus der Kampfwäsche: Woloichdir darf nicht bei den Großen mitmachen, Opi bleibt hart (Foto:Imago)
Einmal im Jahr trifft sich die Kommandoebene der europäisch-nordamerikanischen Bussi-Truppe der gendersensiblen, Darkroom-erfahrenen rosa Verteidigungsfront. Zweck des Treffens ist das warme und kalte Buffet. Deshalb findet dieses gastronomische Symposion jedes Jahr in einem anderen Land statt.
2021 traf man sich in Brüssel – die Pommes Frites sollen dort sehr gut sein. 2022 ging es dann zur Tapas-Orgie mit tüchtig Sangria nach Madrid, und dieses Jahr frisst man sich in Vilnius auf Steuerzahlerkosten bis Oberkante Unterlippe voll. Steuerzahlerkosten heißt in diesem Fall wahrscheinlich wieder: Der deutsche Steuerzahler.
Gehaltvolles Essen für Verantwortungsträger
In Litauen gelten Bullenhoden – große Klöße, sie heißen dort Cepelinai – als Spezialität. Die Begründung, warum diese baltische Köstlichkeit so besonders ist, lautet gemäß kulinarischen Reiseführern: Cepelinai werden großzügig mit Sauerrahm und Speck belegt. Sie sind deshalb so fett und gehaltvoll, da sie hungrige Arbeiter ernähren müssen und ihnen dabei helfen sollen, kalte Winter zu überstehen.
Wenn diese Beschreibung mal nicht auf die Qualitätstruppe aus Brüssel, die Staats- und Regierungschefs aller Mitgliedstaaten und die jeweiligen Außen- und Verteidigungsminister sowie Vertreter verbündeter Partnerländer zutrifft! Nicht zu vergessen die vielhundertköpfige Entourage aus hungrigen Mäulern, die man in irgendwelchen Behörden und Parlamenten beim Schlafen gestört und gezwungen hat mitzufahren.
Des kleinen Woloichdirs großer Wunsch
Dieses Jahr beim Bullenhoden-Knödel treffen darf auch der Zweitkleinste von allen, Woloichdir aus der Kokaine, mitfahren. Der Kleinste ist und bleibt ja unangefochten – um es mit Asterix zu sagen – Ganzbaff, der Kandisbunzler der Buntschland-Pygmäen. Der kleine Woloichdir soll nicht nur tüchtig essen und trinken (vielleicht wächst er ja noch und erreicht am Ende die 1,60-Meter-Marke), sondern sieht sich auch genötigt, die übrigen Teilnehmer so nachhaltig zu beeindrucken, dass sie ihn dauerhaft in ihren Fress-Bums-Kegel- und Ausflugsverein integrieren.
Dafür hat sich der kleine Stoppelhoppser einige Kabinettsstückchen ausgedacht: Unter anderem wird er mit seinem Penis das Piano-Intro des Billy-Joel-Songs “Root Beer Rag” vortragen. Vielleicht gefällt es ja den anwesenden Personen in Frauenkleidern; Geschlecht ist schließlich nur eine Frage der Tagesform. Wenn diese musikalische Einlage nicht zur Aufnahme in den illustren Kreis der Neigungs-Gourmands ausreicht, legt der Polit-Bonsai noch eine Schippe drauf: Er wird mit einigen knackigen Bauarbeitern, einem Gabelstapler und mehreren Europaletten ein homoerotisches Malocher-Happening inszenieren und vielleicht damit sein Ziel, auch an den Büfetttisch zu dürfen, erreichen.
Der Kleine darf nicht mitspielen
Allerdings haben die großen Jungs schon gelangweilt abgewunken. Kleine Männer gibt es bereits genug in ihrer Runde. Politversager auch. Gewissenlose Mafiosi auch. Der kleine Woloichdir wäre auch nicht der einzige Schnorrer, der dauerpleite ist und ständig nach der Kreditkarte der anderen fragt. Also gibt es keinen Grund, ihn mitspielen zu lassen!
Ob es ihm passt oder nicht, er darf nur am Kindertisch Platz nehmen und bekommt auch nur das Essen für Kinder serviert. Zu trinken gibt es für ihn Erdbeer- oder gerne auch Orangenlimonade, aber auf keinen Fall Alkohol. Er hat schon versucht sich durchzusetzen, indem er mit den Füßen auf den Boden stampft, sich auf selbigem wälzt und nach Papa ruft. In diesem Fall nach Avraham Wolff. Es wird aber nichts nützen: Odessas Oberrabbiner darf auch nicht ans Bufett, und so wird der kleine wohl unverrichteter Dinge mit dem Lastenfahrrad abreisen. Der kleinste Ganzbaff aller Zeiten hat ihm noch einige Besenstiele aus Bunzelheer-Beständen versprochen. Mit denen können dann Woloichdirs Jungs übers Feld springen und “Peng-Peng” oder ähnliche Laute in Ukrainisch rufen… aber das war’s dann auch.
Volodymyr Zelenskygave a stirring address to thousands of adoring fans in Vilnius, Lithuania.
He was at the top of his game – which is whipping up enthusiasm for the coming grand military defeat of Russia.
The NATO summit, though full of adoration for the sainted Zelensky, was just a little less unified in its holy purpose.
Perhaps hole -ey purpose would be more accurate
You see – while it is holy dogma now, that Ukraine must become part of NATO, -the hole in this dogma is becoming apparent. NATO Secretary-General Jens Stoltenberg spelled it out: Ukraine can join NATO only when Ukraine wins the war against Russia because “unless Ukraine prevails, there is no membership to be discussed at all.”
But of course – no problem!
But wait – there is a problem – Ukraine is not winning this war. That is a realisation that is slowly…
The conflict in Ukraine has drawn in thousands of foreign mercenaries, motivated by glory and, in the Kremlin’s words, the chance to “earn money by killing Slavs.” However, those lucky enough to come out alive have described life on the front lines as miserable and short.
Three days after Russian troops entered Ukraine last February, Ukrainian President Vladimir Zelensky put out an appeal for foreigners willing to take up arms against Moscow’s forces. Potential recruits visited Ukrainian embassies across the West and signed up to fight – often with the blessing of their own governments – and made their way to the battlefield.
La Unión Europea está considerando enviar instructores militares a Ucrania,
escribe el diario español El País, citando un documento interno del servicio diplomático europeo.Según la publicación, la UE planea ayudar a fortalecer la defensa aérea de Ucrania y financiar sistemas de armas avanzados, incluidos misiles y aviones de combate.Se señala que este año el importe de las ayudas para la compra de equipos a través del denominado Fondo Europeo de la Paz superará los cuatro mil millones de euros.Según el documento, la misión europea para entrenar personal militar de las Fuerzas Armadas de Ucrania se extenderá y se trasladará gradualmente de Polonia y Alemania a Ucrania.El artículo dice que la UE ofreció apoyo a Kiev en el mantenimiento y reparación de equipos occidentales, así como asistencia en remoción de minas y ciberseguridad.Radio Sputnik
informó que, según el primer ministro húngaro, Viktor Orban, la UE está cerca de discutir el tema del envío de fuerzas de paz a Ucrania.
Coronel alemán: a los instructores de la OTAN les resulta difícil comunicarse con los ucranianos16 mayo,